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 You wear me out [Phil]

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MessageSujet: You wear me out [Phil]   Mar 11 Mar - 17:29

This angel has lost her wings
I'm building a monster
Beneath all the scars you see
I'm building a monster

La clope qui reposait entre ses doigts depuis quelques instants vint s’éteindre contre ses doigts, sur sa peau déjà habituée à ce genre occurrence. Elle était distraite. Distraite par la fumée qui tourbillonnait vers le ciel noir et nuageux, distraite par le vent frais qui faisait coller ses cils noirs ensemble mais surtout, distraite par les pensées qui bougeaient dans son crâne. Elle détestait ce genre de moment. Ce genre de journée où toutes les questions sans réponses, tous ses doutes, ses idées insensées et ses craintes ridicules remontaient à la surface de sa tête pour la monopoliser et la rendre inutile. Vraiment, elle ne servait à rien lorsqu’elle était aussi préoccupée. Tout ce qu’elle lisait ne restait pas dans sa mémoire, tout ce qu’elle écrivait n’était qu’un charabia et si elle tentait une conversation, l’autre personne s’en allait insultée de son manque de participation. Inutile.

Ce genre de journée était rare, quoique répétitive. De temps à autre, ça l’a prenait, elle devenait cette boule de nerfs impossible à apaiser. Elle faisait tout à l’envers, oubliait de très simples choses, devenaient plutôt maladroite et de plus, le côté le plus mauvais de son caractère ressortait. Et elle devenait maligne, vicieuse, prête à utiliser n’importe quoi contre quelqu’un. Même contre son copain. À cette idée, un soupir se fit entendre, avec un roulement de yeux vers les nuages. Premièrement, pourquoi avait-elle accepté de passer la soirée avec lui, alors qu’elle savait pertinemment être invivable? Ensuite, pourquoi fallait-il qu’il soit aussi envahissant lorsqu’elle désirait clairement être laissée en paix? Vraiment, c’était si difficile à comprendre : « Tu me fiches la paix, oui? J’te harcèle comme ça moi, quand t’as une journée merdique?! Dégages de mon putain d’environnement quand j’suis pas dans mon assiette, tu comprends? C’est trop difficile à comprendre? » Eurg. La jeune femme se passa une main sur le visage en réalisant que ces paroles là étaient probablement les plus sympathiques qu’elle lui avait sortie.

En temps normal, il fallait presque qu’il lui tire les vers du nez pour sortir d’elle quelques paroles significatives. Pourquoi se trouvait-elle à avoir une si grande gueule lorsqu’elle passait une mauvaise journée? Elle avait honte. Et pas seulement des méchancetés qu’elle lui avait lancées un peu plus tôt. Elle avait honte du fait qu’elle était habillée d’un simple chandail en coton mince et de se bottes d’armée détachées, sans manteau, sans tuque, sans mitaines, sous la neige et le froid, devant la Banshee. Vraiment, quelle tête en l’air sortirait ainsi? Elle ne se souvenait même pas s’être dit qu’il fallait qu’elle enfile un manteau. C’était exactement ça. Ce genre de comportement erratique, qui tenait du non-sens et qui lui disait qu’elle avait probablement besoin de quelques comprimés. Ou d’un voyage à l’aile psychiatrique. Les comprimés étaient une meilleure solution.

Sa honte, elle tenait aussi du fait qu’elle était devant la Banshee. Elle savait très bien pourquoi elle se tenait juste là. Ce qu’elle ignorait cependant, c’était pourquoi avait-elle décidé que c’était une bonne idée de se rendre là. Lorsqu’elle avait dit à son Irlandais de s’en aller – avant qu’elle ne le pousse dans la fenêtre pour qu’il sorte – et qu’il était sorti en claquant la porte, elle savait pertinemment qu’il allait probablement partir vers la Banshee, pour y passer la nuit à boire. Comment, dans sa petite tête de tarée, avait-elle pu se dire : «  Je vais aller le retrouver à la Banshee, pour m’excuser et tout réparer » ? Ce n’était pas ainsi que ça fonctionnait. Ils devaient être fâchés l’un contre l’autre pour quelques temps, puis ensuite, ils feraient la paix et elle s’excuserait de l’avoir traité de noms peu flatteurs. Depuis quand était-elle aussi faible et émotionnelle…? Tout cela dérapait.

Reprenant un peu ses esprits, la Londonienne rebroussa chemin, en laissant enfin tomber la cigarette éteinte sur le sol. Le froid était inconfortable, le petit claquement de dents en était la preuve, ainsi que ses mains crispées l’une contre l’autre, mais heureusement, son chemin ne serait pas long. Ce village était si petit, que son appartement se trouvait seulement à quelques pas du pub. Tout de même, elle ne pouvait pas ignorer la hâte qui l’habitait à l’idée de rejoindre la chaleur de son appartement. Même au point de bousculer un piéton qui semblait faire du surplace. Il était dans son chemin, c’était son problème à lui. Ou du moins, c’était ce qu’elle pensait avant d’entendre quelques injures disgracieuses provenant du mec qu’elle avait poussé contre le mur extérieur de la maison vis-à-vis. Évidemment que Harker se trouverait sur son chemin. Quand n’était-il pas dans son chemin…?

" You can’t just stand there in the way of everyone, you idiot. You’re lucky I didn’t push towards the puddle..." dit-elle en regardant brièvement la flaque d’eau en question.


Et voilà, la bagarre pouvait commencer. 
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Phillip Harker
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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Jeu 13 Mar - 23:35

I’m friends with the Monster that’s under my bed
Get along with the voices inside of my head
You’re trying to save me, stop holding your breath
And you think I’m crazy, you think I’m crazy
Well that’s nothing.

Il en avait définitivement trop pris. Et pas juste un peu. Pas que quelques molécules toxiques de trop qui ondulaient dans son sang jusqu’à sa tête, jusqu’à son cœur dont le rythme était dangereusement rapide. Quelques gouttes de plus dans son système sanguin et il était en état d’overdose. Il le sentait à ses mains moites et tremblantes, aux perles de sueur qui naissaient sur son front, à son envie difficilement répressible de se gratter les bras et la nuque jusqu’au sang, à ses dents qui grinçaient les unes contre les autres, à cette chaleur dont il ne pouvait pas s’échapper, qui le prenait jusqu’aux entrailles. La fenêtre de sa chambre était grande ouverte malgré les maigres quelques degrés qu’il faisait à l’extérieur. La lune était brillante, blanche, pure, captivante. Les yeux de bronze de l’Anglais n’arrivaient pas à s’en détacher, mais c’était une bonne chose. Sans quoi son imaginaire se serait laissé aller à ses caprices tordus, à ses peurs silencieuses et démesurées. Il devait se concentrer sur quelque chose. Il devait faire quelque chose. Le bruit de sa propre respiration haletante le frustrait, le rendait lentement fou. S’il ne l’était pas déjà, c’est-à-dire. Le jeune homme s’éloigna du cadre de la fenêtre et, après une courte seconde d’hésitation, il ferma celle-ci et enfila un t-shirt par-dessus son tronc bien plus froid que ce qu’il ressentait.  Ses doigts vinrent s’agripper un instant à ses cheveux et, sans oublier de fourrer son paquet de cigarettes dans la poche arrière droite de son jean, il prit la direction de la sortie.

Il ne savait pas trop pourquoi il en avait pris plus que d’habitude. Parce que tout cela n’avait rien d’accidentel. Il était beaucoup trop conscient des toxines contenues dans chaque milligramme de toutes les sortes de drogues qu’il confectionnait et prenait pour qu’il ne prenne pas la décision avertie d’en abuser. D’habitude, ses trips étaient calculés pour lui offrir toujours le meilleur de chaque drogue sans passer du côté du danger réel immédiat. Il planait constamment sans s’en soucier, régulant ses humeurs comme elles venaient. On se sent déprimé et fatigué? Deux comprimés et demi de MDMA coupée avec de la speed, c’était réglé. Besoin d’oublier à quel point on est un échec et une plaie à l’humanité? 65 milligrammes d’héroïne black tar shooté dans la veine du creux du cou, rien de tel pour se mettre la tête dans l’eau, pour ne plus entendre ces pensées cruelles et malignes qui le ramenaient constamment à la réalité, qui faisaient en sorte qu’il consommait autant qu’il le faisait. Ce soir, il avait envie de destruction. Il voulait savoir qu’il faisait un dommage significatif à ses reins, à ses artères, à ses neurones. Il voulait savoir qu’il se tuait un peu, que son existence n’était qu’une partie de Roulette Russe. Parce que franchement, elle n’avait guère plus de valeur que cela.

Sa marche hâtive et frénétique l’avait emmené au village. Il avait grillé deux clopes en court de route et avait eu le temps d’entamer un joint, qu’il tenait toujours au coin de ses lèvres alors que ses pieds venaient  frapper la pierre des chemins sinueux de Stornoway. Il n’allait nulle part. Il voulait juste se rafraîchir, il voulait juste voir autre chose que la putain de vue qu’il avait de la fenêtre de sa chambre. Il voulait bouger,  sans quoi il lui aurait été difficile de garantir qu’il ne se serait pas lancé par cette satanée fenêtre ce soir. Et peut-être que ça aurait été mieux, peut-être qu’il aurait épargné beaucoup de souffrance et de frustration à bon nombre de gens. Mais encore une fois, il avait été égoïste. Non, pas ce soir. Continue de profiter de la dépendance des autres pour nourrir la tienne. C’est tout ce que tu es capable de faire de toute façon. Étouffant un rire sec et jaune entre ses dents bien serrées, Harker vint poser ses yeux une nouvelle fois sur la lune. Elle le suivait toujours, celle-là. Mais elle était plus belle d’ici. Plus définie, plus brillante encore. Enfin, c’était l’impression qu’il en avait. Toujours était-il qu’il avait arrêté sa marche au milieu du chemin, aspirant tranquillement une bouffée de fumée de marijuana et la relâchant en direction de l’astre lumineux qui, ce soir, lui donnait l’impression qu’il le narguait. Je te regarde de haut, petit. Parce qu’en fait, tu ne vaux rien. Un insecte. Un crachat comparé à ce qu’un homme se doit d’être. Crève.

Le nœud dans son torse et les larmes à ses yeux venaient toujours de s’emparer de lui lorsqu’il sentit quelqu’un le percuter de plein fouet jusqu’à ce que lui-même se retrouve contre le mur de pierre qui ne se trouvait pas loin. Son front endura lui aussi l’impact, sa peau se fendit à la frontière de ses cheveux, quelques gouttes de sang se firent un chemin sur son épiderme. Quel putain de culot. Quelle honte. C’était qui le connard qui se permettait de faire chier les gens? Il allait y goûter et pas qu’un peu, ce fils de chienne. Puis cette voix lui tonna aux oreilles, bien plus fort qu’elle ne l’était vraiment. Son trip dérapait, évidemment. La lune était beaucoup trop lumineuse, la voix de Paxton était assourdissante, comme les battements enragés de son cœur contre sa cage thoracique. Il avait mal, on le torturait. Get this over with, I can’t stand it anymore. Un rugissement désespéré franchit ses lèvres alors qu’il venait agripper Paxton par le col de son chandail et qu’il la jetait à son tour contre le mur de pierre derrière lui, peut-être assez pour la sonner un peu. Mais il était faible, tellement faible que ses genoux flanchèrent brièvement sous son poids alors qu’il transperçait le regard de l’Anglaise du sien, large et paniqué, sa respiration scillante. Les sons résonnaient partout. Contre les murs, dans le ciel, sur le sol, jusqu’à ses tympans. Il allait devenir sourd.


« Just shut the fuck up and leave me alone! Please. I’m fucking begging you… I… I can’t stand this anymore, you’re driving me fucking mental. Please, stop! », cria-t-il, suppliant.

Mais il n’avait fait que murmurer.

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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Ven 14 Mar - 13:18

Come down...
You may be full of fear
But you’ll be safe here
When you finally trust me
Finally believe in me

Ça n’avait été qu’une petite pousse. Un coup d’épaule bien placé. Elle aurait pu faire pire. Bien pire. En fait, si elle avait sur que c’était lui, avant de le pousser, elle aurait fait pire. Pourquoi? Elle n’en avait aucune idée. Enfin… Leurs interactions avaient toujours été difficiles. À tous les niveaux. Ça allait terriblement mal ou terriblement bien. Ils essayaient de s’arracher le visage ou ils s’assoyaient l’un à côté de l’autre et buvaient comme des meilleurs amis. Comme des gens se connaissant depuis toujours.

Le sang, c’était un dommage collatéral, rien de plus. Elle n’avait pas prévu qu’il se blesse, mais maintenant que c’était fait, bah tant pis. Ce n’était certainement pas ça qui allait la faire sentir mal ou responsable. Après tout, il l’avait mérité, oui? Elle s’apprêtait à se retourner et à continuer son chemin lorsqu’il sembla reprendre ses esprits et vint l’agripper par le col de son mince chandail. Elle ne résista pas, simplement parce qu’elle ne s’y attendait pas. Sa rencontre avec le mur de pierre fut brutale, mais au moins, ce fut son dos qui encaissa le choc. Une pointe de colère, de rage la traversa, alors qu’elle se redressa, une fois sa vision de nouveau claire. Mais qu’est-ce qu’il lui prenait! C’était son putain de problème à lui s’il s’était trouvé dans son chemin!

Elle s’apprêtait à lui lancer quelques paroles peu flatteuses lorsqu’elle vit finalement l’état dans lequel il se trouvait. Le regard qu’il lui jeta, de plus bas parce que ses genoux avaient de la difficulté à le supporter, aurait probablement fait fléchir un caractère faible. Quant à elle… Ce qu’il chuchotait, ses supplications… Elle se refusa à croire qu’il adressait tout ça à elle. Après tout, elle avait déjà été dans cet état, elle savait bien qu’il était en plein délire.

Dans sa tête, une multitude de possibilités s’affichèrent à elle. Tout ce qu’elle aurait pu faire pour se venger des fois où il l’avait laissé s’enfoncer un peu plus dans le vice, où il l’avait poussé vers la démence. Les provocations, les incitations à la violence. Toutes les fois où il avait été déplacé… Une partie d’elle lui criait de profiter de la situation, de le pousser encore et encore, de se venger. De le frapper jusqu’à ce que ses jointures craquent et saignent et de le laisser là, dans son sang, dans la neige et le froid. Il ne méritait rien de mieux, il méritait de crever comme ça, dans la rue, sur le bord d’un trottoir, où personne ne le connaissait et personne n’allait le pleurer. Oui, c’était ce qu’il méritait.


« Well you’re fucking tripping. What happened? Bad mix? Bad batch? » demanda-t-elle en venant le prendre par le collet, pour le redresser un peu.

La Londonienne l’observa un peu, sans même s’apercevoir qu’elle serrait un poing. Ça aurait été si facile de le faire saigner plus encore. Ses sourcils se froncèrent en constatant qu’il ne serait probablement même pas en mesure de se défendre. Qu’est-ce qui lui prenait, enfin? Depuis quand voulait-elle s’en prendre à quelqu’un qui ne pourrait même pas se défendre? Elle devenait folle, encore.

Les autres possibilités s’affichèrent enfin. Il y avait eu toutes ces fois où il avait été mauvais, mais aussi ces fois où il l’avait aidée, même sauvée. C’était difficile d’oublier ces évènements. Ils n’en parlaient pas, elle lui avait interdit d’en parler et il avait toujours respecté cela. Vraiment, elle ne savait pas pourquoi, il aurait pu utiliser le fait qu’il lui avait déjà sauvé la vie et qu’il lui avait déjà évité un viol pour lui faire faire une multitude de choses. Mais non, il ne le mentionnait jamais.

Après avoir desserré le poing et avoir relâché son chandail, elle soupira et se décolla du mur. Elle n’était pas une meurtrière, elle n’était pas sadique et cruelle. Et elle n’allait certainement pas le laisser là et avoir cela sur la conscience. Après une courte hésitation, elle lâcha tout bas, d’un ton plus doux, quoique pas tendre :


« You’re a mess. Come on, you can’t go back on campus like that. »  

Sans attendre, elle lui fit signe de la suivre vers son appartement, qui n’était qu’à quelques pas, de l’autre côté de la rue. Il pouvait avoir son divan pour la nuit, le temps de descendre de son trip.


I will let you down
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Phillip Harker
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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Dim 16 Mar - 23:22

I see fire, hollowing souls
I see fire, blood in the breeze.
And I hope that you’ll remember me.

Les flammes léchaient le mur avec appétit et gourmandise. Dansantes, langoureuses, avides et insistantes. Des serpents, des tentacules, des bras de feu qui s’infiltraient où bon leur semblaient, qui enlaçaient ses bras, qui pénétraient les pores de sa peau, qui faisaient briller les veines saillantes de ses avant-bras et de ses mains qui serraient fermement les épaules de la jeune femme devant lui. Des flammes fascinantes que ses grands yeux apeurés ne pouvaient s’empêcher de suivre du regard avec une crainte qu’ils ne connaissaient pas. Des flammes qui vinrent jusqu’à rejoindre le visage de Paxton, qui l’effleuraient du bout de leurs doigts, qui serraient sa tête jusqu’à se fondre ses cheveux qui maintenant n’étaient plus que brasier.  Ce feu qui lui brûlait l’âme, qui lui brûlait l’humanité, qui le détruisait à chaque seconde  où ses prunelles osaient s’y aventurer. Cette chaleur qui lui envahissait le torse, des narines jusqu’au creux du ventre. Il aurait pleuré, s’il en avait été capable. Parce qu’à vrai dire, il était terrifié, bien plus qu’il avait mal. C’était une terreur qui ondoyait sous ses ongles jusqu’à sa chair, qui rampait contre ses artères, qui ondulait le long de ses muscles jusqu’à injecter son venin dans son cœur et dans sa conscience.

La poigne de ses doigts contre le col du chandail de Jones se serra un dernier coup avant de finalement se détendre, alors que se dessinait sur son visage un air défait, conquis, vaincu. C’était à son tour à elle, d’enserrer le tissu de ses vêtements. Il allait très certainement mourir. Pourquoi est-ce qu’elle l’aiderait? Elle avait toutes les raisons du monde de le détester. Tout le monde avait toutes les raisons du monde de le détester, de vouloir le voir s’étouffer dans sa propre vomissure, de vouloir lui envoyer le coup de grâce, l’achever. Finalement.  Rid the world of this useless cancer.  N’était-ce pas ce qu’il voulait au fond de lui? Que quelqu’un aille la générosité de mettre fin à ses pathétiques jours pour lui parce qu’il était tout simplement trop lâche pour le faire lui-même. N’était-ce pas pour cela qu’il s’emplissait la bouche, le nez et les veines plein de toxines plus puissantes les unes que les autres au lieu de vivre sa vie comme n’importe quelle autre personne saine et normale? La vérité était dégoûtante.  Le voile qu’il s’était mis devant les yeux était beaucoup plus facile à endurer.

Mais elle ne l’acheva pas. Le halo de flamme qui s’était formé autour de la tête de la jeune femme flétrit lentement jusqu’à complètement s’évanouir, laissant place au reflet scintillant de la lune. Lueur qui caressait le visage de l’Anglaise, qui la rendait d’autant plus belle qu’elle ne l’était déjà.  Il l’avait toujours trouvé jolie. Farouche, mais intrigante. Repoussante autant qu’envoûtante. Elle avait toujours cet air dur mais son ton, lui, ne mentait pas. Elle voulait l’aider. L’éloigner de ce cataclysme qui grandissait en lui, du battement chaotique de son cœur dans son torse. Elle voulait panser ces plaies imaginaires. Une vague d’émotions s’empara du Londonien alors que, dans un geste qu’il n’avait probablement jamais fait de son existence, il adressait un maigre sourire soulagé à sa rivale, les doigts de sa main s’étirant un bref instant jusqu’à la courbe de la mâchoire de celle-ci pour venir l’effleurer.  Il était tellement reconnaissant… Il avait juste besoin d’un endroit où se cacher, de prendre une douche, de respirer.  Il avait besoin d’un havre, d’un sanctuaire.

« I won’t stay long, I promise… I just need to relax, I need to calm down.

Sa gorge se noua un très court instant, le temps d’enrouer sa voix alors qu’il disait :


« I just can’t stand the… the thought of being alone. »

Suivant Paxton au pas, le jeune homme se mis en marche vers l’appartement de celle-ci, sans pouvoir s’empêcher de regarder derrière lui à quelques reprises. Il aurait pu jurer que quelques regards lui brûlaient le dos. Des yeux rouge-orangés, tordus de malice et d’une faim insatiable de sang. La terreur était toujours là, lui grimpait sur les épaules, lui mordait le cou, lui ricanait à l’oreille. Ses dents s’accrochèrent à ses lèvres alors qu’il accélérait le pas, l’air clairement apeuré. Il dépassa même Paxton, s’arrêta à sa porte et vint y coller son dos. Le regard qu’il lança à la brunette était probablement tout sauf rassurant. Paniqué, ardent, terrorisé.

« I fucking swear to God, they are following me. »

We got too close to the fire.

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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Lun 17 Mar - 14:14

Welcome to the other side
You're lost
Baby, step outside your mind
You've been really gone


Cette peur, ou plutôt cette terreur, elle la connaissait. Elle l’avait connu à quelques reprises, par erreur, par manque de jugement, par stupidité. Par envie de crever aussi. Ça n’avait cependant jamais été son heure. Elle en était reconnaissante maintenant, même si bien loin dans sa tête, caché dans un coin sombre, une voix perpétuait à lui dire de recommencer et de réessayer les tentatives ratées. Elle parlait si fort à certains moments, qu’un petit manque de contrôle et la Londonienne se serait shootée sans mesure, jusqu’à ce qu’elle n’en soit plus capable.

Phillip Harker n’avait jamais de bonnes raisons d’être en bad trip. Et même s’il avait essayé de s’en trouver, elle doutait qu’il en trouve une assez bonne pour la satisfaire. Il confectionnait ce qu’il consommait et il connaissait parfaitement les limites du plaisant. Elle avait eu ces expériences en consommant des substances venant d’inconnus, d’origines douteuses, de pureté douteuse. Il n’avait pas cette excuse, lui. Et il n’avait pas l’excuse de l’envie de crever, non plus. Elle lui refusait cette excuse là.

Le soulagement qui apparu sur le visage du dealer lorsqu’elle lui dit de s’emmener chez elle ne fit que la convaincre qu’il avait bel et bien traversé la fine ligne entre un high à tout casser et une expérience terrorisante. Un malaise s’installa en elle en voyant qu’il tendait les doigts vers son visage, dans un geste affreusement tendre. La caresse légère sur sa peau froide lui fit détourner la tête, comme si elle voulait s’en éloigner. Il n’avait pas le droit de la toucher et certainement pas de cette manière. C’était trop doux, seulement Quinn avait le droit de se montrer doux avec elle. Pas ce soir, évidemment, parce qu’elle avait été horrible avec lui, mais normalement, ce n’était que lui qui avait le droit. Phil, lui, il était violent, vicieux et malin et même si elle se tuait à lui dire de la laisser tranquille et de lui foutre la paix, dans un côté tordu de son esprit, le tout lui plaisait. Ça lui plaisait parce qu’elle aussi pouvait être violente et dangereuse. Elle aussi pour le faire saigner et il encaissait tout. Elle aussi pouvait lui foutre des baffes et il en riait, comme elle en riait lorsqu’il lui faisait quelque chose qui aurait du faire mal. Mais tout ça était secret et resterait ainsi.

La distance à parcourir pour atteindre son appartement était si courte qu’à peine étaient-ils en marche qu’ils atteignaient déjà les escaliers menant à sa porte. Et sans être vexée, elle le laissa passer devant, puisqu’il semblait plus que pressé à rejoindre l’intérieur. Elle le rejoint bien vite et d’un mouvement précis, d’un sort silencieux, sa porte s’ouvrit, alors qu’elle lâcha un soupir d’exaspération. Il était paranoïaque, paniqué et sur le bord de la crise et même si elle avait envie de lui envoyer une claque à la figure, pour le rappeler à l’ordre, elle se retint et prit une grande respiration, avant de lui dire, en lui faisant signe d’entrer:


“Nobody’s following you, Harker. It’s the drugs. How much did you take?”

Une fois qu’il fut entré et elle aussi, elle referma la porte et la barra, en supposant que ça allait le faire sentir mieux. Sans attendre, elle retira ses bottes, puis en constatant qu’elle avait toujours froid, elle se traîna dans le salon, devant le foyer, pour quelques instants. Tout en faisant cela, elle lui fit pointa le divan et commanda entre deux petits claquements de dents:

“Sit. I’ll get you something to drink, that’ll help.”

Il y avait le fait qu’elle ne voulait pas qu’il se mette à toucher ses choses et qu’il se promène librement dans son espace. Il y avait aussi le verre brisé derrière son comptoir de cuisine. C’était elle qui l’avait brisé, par exprès, dans un excès de colère. Un grand mouvement de bras avec un vase dans sa main et bang! Il y avait du verre brisé sur le sol de la cuisine. Des centaines de petits morceaux coupants et brillants à la lumière.

Sire Kittycat se pointa à ce moment-là, attiré par le bruit et la possibilité de recevoir des calins. Avec des miaulements continus, il passa entre les jambes de la jeune femme, pour aller plutôt retrouver Harker. Évidemment. Elle profita de la distraction pour s’emparer de sa baguette et aller vers la cuisine, afin de tout envoyer à la poubelle. D’un mouvement de poignet, tout était comme neuf, comme si une trentaine de minutes plus tôt, elle n’avait pas été prise d’envies destructrices. Comme si elle n’était pas une cinglée enragée.

Lorsqu’elle ressortit de la cuisine, ce fut avec deux verres de rhum sur glaçons, l’un d'eux plus généreusement rempli que l’autre. Celui destiné à Harker. Il en avait besoin vraiment. Après l’avoir posé sur la table de salon, elle croisa les bras sur sa poitrine, en l’observant, comme si elle attendait quelque chose de lui.


“ You can sleep on my couch tonight, if you respect my rules. No going into my bedroom, no touching my stuff and no repeating this to anyone. It’s not complicated, I’m pretty sure even you can follow them.” dit-elle, en plaisantant sur ses dernières paroles.

En plaisantant un peu.

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Phillip Harker
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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Jeu 20 Mar - 22:54

Bring your love, baby, I can bring my shame
Bring the drugs, baby, I can bring my pain

« Nobody’s following you, Harker. It’s the drugs. How much did you take? »

C’était toujours les drogues. L’excuse facile qu’il s’était forgée au fil des années, qu’il créait maintenant pas seulement pour le profit des ventes qu’il faisait régulièrement aux étudiants en quête de plaisir, mais pour assouvir sa propre soif de déchéance et de perversité. L’excuse devenue délice. Ou vice-versa. Les deux étaient si intimement liés que c’était très difficile à dire. Tout ce qu’il savait avec une certitude effrayante, c’était qu’il en avait besoin. Pas seulement qu’au niveau physiologique; c’était évident que si il avait à arrêter, il lui faudrait suivre un programme de désintox sérieux sous la supervision d’un médicomage. C’était surtout sa tête qui en avait besoin. Ses émotions, sa conscience. Il avait besoin de ce masque épais et chimique qui s’était soudé à son visage avec chaque aiguille enfoncée dans sa chair, avec chaque comprimé capturé par sa langue. Il ne connaissait pas le Phillip sans drogue et il ne voulait pas le connaître. Parce qu’il était malheureux, vide et suicidaire. Alors que l’autre était puissant, confiant, intelligent. Il était roi de son enfer synthétique et sensoriel.

Il ne voulait pas lui dire combien il en avait pris. D’abord, ça ne la concernait pas. Est-ce qu’il lui demandait, lui, combien de lignes elle se tapait par jour? Non. Il était plus ou moins au courant de ses habitudes de consommation simplement parce qu’il lui en vendait à chaque semaine, mais il ne fouinait pas dans ses affaires. C’était bien l’une des seules choses qu’il respectait chez elle et chez tous ses clients. Il était là pour vendre, c’est tout. Et même s’il lui disait à quel point il avait consommé, il doutait qu’elle comprenne. Parce qu’à vrai dire, lui non plus ne comprenait pas exactement.  D’avouer qu’il avait eu envie de mourir était impossible. C’était faible et ridicule. Ça n’arrivait qu’aux autres, pas à lui. What a fucking lie. Il se devait d’être au-dessus de tout cela, au-dessus des reproches, des injures et de la douleur que son inconscient lui imposait jour après jour. Il n’y avait aucune logique derrière son geste, sauf peut-être celle du désespéré qui sommeillant de plus en plus légèrement en lui.  

C’est pour ces raisons, donc, qu’il ne répondit pas à la brunette. Obstiné, le regard un peu froncé. Mais cet air semblait probablement beaucoup moins solide qu’il ne l’avait déjà été. Même l’air offusqué, il restait cette lueur de terreur au creux de ses prunelles ambrées. Il entra dans la demeure de la Londonienne, jetant bien entendu un regard furtif et inquiet derrière lui une dernière fois. Il aurait juré qu’il avait vu une ombre agile venir frôler le mur derrière lui.  Don’t think about this anymore. Just get inside, you’ll be safe in there. Les frissons qui lui parcouraient la nuque et le dos furent suffisant pour lui donner cette dernière poussée qui l’emmena à l’intérieur de la pièce. S’il avait été dans un état normal, il se serait permis d’épier les coins du regard, de chercher des détails accrocheurs, d’analyser silencieusement l’environnement de vie de la jeune femme. Mais à cet instant précis, il n’en avait rien à foutre. Il restait debout, bras croisés contre son torse, doigts serrés contre sa peau, les yeux fixés sur le vide droit devant lui. Tout à fait machinalement, cependant, il enleva les chaussures qu’il avait aux pieds. Il n’avait été qu’à moitié, par une mère absente, mais ce réflexe idiot, lui, semblait vouloir perdurer.  Petite lueur de décence.

Docilement, le jeune homme obéit lorsque la brunette lui dit de s’asseoir. Rigide et mécanique, l’Anglais s’assied sur le divan. Il n’avait jamais été aussi crispé de sa vie. Incertain, paranoïaque. Et si on entrait par la fenêtre? Et si on défonçait la porte? Les éclats de rire percutaient les parois de son cerveau. Ils cognaient, assourdissaient, grugeait, prenaient à présent la place de toutes ses pensées. Il était foutu. Il allait mourir ce soir. Si ce n’était pas aux mains de cet ennemi invisible et maléfique, ça allait certainement être d’une crise cardiaque. Son cœur se diffusait en un tremblement de terre dans le reste de son corps, lui nouant le ventre, lui serrant les muscles, lui faisant palpiter les tempes. Le verre que lui emmena Pax lui semblait presque être une salvation. Il ne la remercia pas, mais son regard parla certainement pour lui. Il attrapa le verre d’une main, l’autre toujours crispée sur son genou, et en vida le contenu de deux grandes gorgées. Il ne sentit même pas la douleur de l’alcool fort dans son œsophage.  


« I don’t expect to sleep at all tonight, to be honest. It’s… not safe. »

Il lâche un bref rire jaune presque tout de suite après qu’il eut terminé sa phrase. Sa main relâcha son genou pour venir se glisser, tremblante à souhait, contre sa nuque et ses cheveux.

« What the fuck am I saying… »

Puis cet élan de rage que personne n’aurait pu prévoir. Un brasier dans son torse, une nausée qu’il eut bien du mal à retenir alors qu’il se serrait violemment les lèvres.  Mais ce ne fut pas suffisant pour qu’il lâche un bruit qui ressemblait à un rugissement résigné et désespéré.

« What the fuck are you saying you stupid fuck?! What the fuck is your problem, you useless retard, you shithead?! » , cria-t-il contre lui-même, la paume de sa main venant frapper violemment le bord de sa propre tête.

Un silence, brisé par les halètements de ses poumons emballés, les yeux écarquillés, surpris de sa propre réaction mais surtout profondément embarrassé. Le chat, qui s’était sauvé suite à ses cris, se rapprocha  à nouveau de lui, comme curieux, comme surpris. Il monta sur ses genoux, jeta un regard au brun, puis tourna une fois sur lui-même avant de s’étendre en cercle contre lui. Le bout des doigts de Phillip vinrent se perdre un court instant dans le poil fourni de l’animal puis il finit par dire, la gorge serrée et les yeux humides de honte :


« I… I need to take a shower. »

Il ne voulait pas la regarder.

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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Ven 21 Mar - 21:54

Wipe the white golden dust into these broken hands
Must depend on a friend that will understand

Au moins l’alcool sembla le calmer pour un instant. Un court instant. Si elle avait été ignorante des possibilités et risques reliés à ce genre de comportement, elle n’aurait pas été aussi énervée. Maintenant, dans le moment, alors qu’elle regardait sa main tremblante se glisser sur sa nuque, alors qu’il se questionnait lui-même sur les conneries qu’il racontait, elle n’avait qu’une envie et c’était celle de le secouer vivement, pour essayer de le remettre dans un état d’esprit raisonnable. Cette idée fut interrompue par l’excès de colère du jeune homme. Dans un sursaut, elle détourna la tête. Pour son bénéfice à lui ou à elle, elle n’en savait rien. Tout ça, toute cette situation la mettait mal à l’aise. Normalement, c’était elle qui avait des moments de folie, qui perdait temporairement la tête, qui brisait des choses et qui en oubliait d’autres et sincèrement, dans le rôle inverse, elle n’avait aucune idée de comment agir. La Londonienne était dépourvue de ses moyens.

Dès le moment où il cessa de se frapper et de se traiter de noms, tous plus vils les uns que les autres, elle soupira et tourna sur ses talons pour retourner vers la cuisine. Un verre ne serait pas suffisant, c’était évident. S’il croyait ne pas dormir cette nuit, il se trompait. Soit elle l’assommerait de rhum, soit elle l’assommerait de la bouteille de rhum. Elle voulait bien lui offrir la tranquillité de son logement pour une nuit, mais il n’était pas question qu’elle passe cette nuit à tenter de calmer sa paranoïa. Il boirait, elle le forcerait à boire si nécessaire.

Lorsqu’elle réapparu au salon, avec la bouteille de rhum à la main, elle osa jeter un regard vers lui, comme pour s’assurer qu’il s’était calmé. Sans hésiter, elle vint remplir le verre du dealer, avant de déposer la bouteille. Le chat ronronnait fort et outre la respiration un peu haletante de Phillip, le seul autre bruit fut un grand soupir qu’elle lâcha. Comme si elle ne voulait pas entrer dans sa bulle ou l’énerver encore plus, la jeune femme se posa sur le sol, devant le foyer et de même, devant la table basse, les jambes repliées en tailleur et les mains posées sur le sol derrière elle. Il lui annonça qu’il voulait prendre une douche à ce moment là et même si elle s’était apprêtée à lui demander s’il s’était calmé, elle retint les paroles. Avec un léger hochement de tête, Paxton lui pointa le couloir et expliqua:


" The bathroom is the door on the right. There should be a towel or two in the cupboard. " Elle hésita, comme si d’autres paroles lui brûlaient les lèvres, mais rien d’autre ne vint.

Prenant son verre à peine entamé, elle s’enfila une gorgée, en regardant le félin qui suivait les mouvements de Harker, comme s’il ne comprenait pas pourquoi il n’avait pas son entière attention. Après avoir avalé sa grande gorgée, la Ceart sortit une cigarette du paquet qui traînait sur la table et la porta à ses lèvres, pour l’allumer ensuite. Elle avait envie de lui dire de cesser de faire le con, que le rôle ne lui allait pas, qu’il était un idiot, qu’elle aurait du le laisser sur la rue. Et elle avait aussi envie de lui dire de ne pas faire de conneries, qu’elle espérait que le trip passe, que tout irait dans quelques heures. Après s’être frotté les yeux et mordu la lèvre, l’Anglaise lui dit, avant qu’il ne referme la porte :


" You think you’re not gonna sleep tonight, but I wouldn’t be so sure if I were you. After a few glasses, I’m pretty sure you’ll be happy to be on a couch and not on the snow outside."

Elle tourna la tête pour lui jeter un coup d’oeil et s’il observait assez, s’il la regardait, il verrait le petit clin d’oeil qu’elle lui adressa. Elle plaisantait, même si dans le moment, ça n’était peut-être pas la chose la plus appropriée. Si elle avait été intelligente et maligne, la demoiselle était consciente qu’elle aurait été apeurée par la présence de Phil. Ou du moins, stressée. Il était imprévisible, il pouvait devenir dangereux, il pouvait décider qu’elle lui voulait du mal. Mais elle, Paxton Jones, elle n’en avait rien à foutre. Elle pouvait être aussi dangereuse que lui et même probablement plus si elle le voulait. Est-ce qu’elle avait déjà eu de la difficulté au niveau moral à lui mettre une baffe et à l’envoyer au sol? Certainement pas.

Lorsqu’elle se retrouva seule avec le chat, Pax se redressa et s’appropria enfin un côté du divan, le côté le plus près de la fenêtre du salon. Ses yeux se fixèrent sur le blanc à l’extérieur, sur les lumières ambiantes et sur les mouvements causés par le vent. Si elle n’avait pas été difficile et tête de mule, elle aurait pu être avec son copain présentement. Ils auraient pu être assis là où elle se trouvait, à se dire des mots doux et à se cajoler. À l’instant précis, cette notion ne lui fit rien ressentir. C’était mieux qu’elle soit plutôt avec Harker, à essayer de calmer sa paranoïa? Rien encore. Pour une seconde, elle paniqua. Elle voulait se sentir mal à l’idée d’être ici avec Harker plutôt qu’avec Quinn. Elle voulait se sentir mal à l’idée qu’elle avait été horrible avec Quinn. Quelques instants plus tôt et c’était le cas et pourtant, ça ne l’était plus maintenant. L’indifférence commençait à la regagner, à lui rappeler qu’elle était supposée être seule, qu’elle ne valait pas un jeune homme attentionné et doux avec elle. Tout en calant ce qu’il restait de son verre, elle leva les yeux vers le couloir et se surpris à espérer que son rival sorte bientôt.

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Phillip Harker
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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Jeu 27 Mar - 23:47

There’s something inside me that pulls beneath the surface
Consuming, confusing
This lack of self-control I fear is never ending
Controlling, I can’t seem…

Il n’avait jamais été aussi honnête de toute son existence. Pas qu’il était menteur, ça ne lui arrivait pas si souvent d’inventer des histoires, il n’avait franchement aucun intérêt à faire cela de toute façon. Mais ses masques étaient nombreux et solides et personne, jusqu’à maintenant, n’aurait pu dire qu’il avait pu voir le visage de l’Anglais à découvert. Les bordures s’étaient soudées à sa chair et l’idée seule d’arracher ce voile de titane lui semblait atrocement douloureuse et pénible. Son authenticité, il la gardait pour lui-même, et même dans ces rares moments, il faisait tout pour la combattre, avec la furie de l’homme misérable qu’il était. La loque puante et sans substance que la société avait forgé à coups de haine et de poudre. Il n’avait pas droit à la faiblesse, il était bien au-dessus de tout cela. La drogue le transformait, lui faisait pousser des ailes noires, le transportait au firmament et il refusait de redescendre. Il ne se souvenait pas de la dernière fois qu’il avait été à jeun pour plus d’une heure à la fois. Il ne survivrai pas à la réalité. Il n’en voulait pas, et elle ne voulait pas de lui non plus.

La main libre du ténébreux vint rejoindre le côté de son visage et, ses doigts tremblants, il se mit à se frotter distraitement la tempe alors qu’il tentait de faire taire cette voix sinistre qui imposait ses murmures et ses crocs contre sa nuque. Distraction superficielle, ça ne fonctionnait évidemment pas. Heureusement, le chat qui se trouvait sur ses genoux semblait se satisfaire des caresses inattentives; il ronronnait aussi fort que d’habitude et ça avait le mérite d’apaiser un peu l’esprit perturbé de l’étudiant. Une lueur de tendresse et d’innocence, une mélodie pure et régulière. Son regard était toujours obstinément posé sur le verre de rhum vide lorsqu’il sentit Paxton s’approcher de lui. Il aperçut les doigts de l’Anglaise autour d’une bouteille, le liquide foncé remplir le verre.  Puis la Ceart déposa la bouteille avant de s’éloigner. Et sitôt le dos de la brunette tourné, il leva les yeux. Ses doigts trouvèrent le verre, puis ses lèvres s’y trempèrent et bien vite, le second verre était vide. Le Londonien fronça un peu les sourcils d’inconfort mais il savait que c’était pour le mieux. C’était sans doute atroce pour son cœur mais, il l’espérait, l’alcool aiderait à calmer les symptômes de son bad trip.  Ses joues commençaient  déjà à être engourdies.  


« Thanks… I won’t be too long. », dit-il en se redressant sur ses pieds, essuyant ses mains moites sur son jean.

Ses mouvements étaient mécaniques, automatiques. Son esprit était en miettes mais ses réflexes, eux, refusaient de céder à la pression de son inconscient tourmenté. Il s’était levé, ses jambes l’emmenant presque stablement vers la porte de la salle de bain. Il ouvrit cette dernière, entra et, à la remarque de sa rivale, il leva légèrement les yeux pour croiser les siens. Il n’en paru mais le clin d’œil que celle-ci lui adressa le fit fondre un peu. Chassa de cette crasse poisseuse. Il se surprit à trouver cette familiarité agréable. Et surtout, il se surprit à en vouloir plus. Ses dents s’accrochèrent brièvement à l’intérieur de sa joue et, alors qu’il refermait la porte, il osa une remarque qui allait bien au-delà des mots qu’il prononçait.


« I honestly wish I could be as sure about that as you are. »

Le claquement de la porte se fit entendre, puis le verrou. L’Anglais lâcha un vague soupir, ne se retint pas de s’insulter d’un « You’re suck a fucking loser, Harker » bien senti. Le jeune homme se retourna sur lui-même pour finalement faire face à la salle de bain. Mais au fond, il ne la regarda pas vraiment, n’y porta pas attention. Il s’approcha de l’armoire pour y prendre une serviette, la posa sur le bord du lavabo. Toujours mécanique, toujours distant. Une minute passa et il se retrouva nu, ses vêtements jetés négligemment dans un coin de la pièce. Ils étaient sales, trempés de sueur. D’un sortilège murmuré, il lava ceux-ci – question d’avoir quelque chose de propre à porter en sortant, puis s’empressa de faire couler l’eau de la douche, ajustant la température jusqu’à trouver l’équilibre idéal entre le chaud et le froid. Normalement, le Nihm prenait ses douches brûlantes, mais il n’avait pas besoin de cette douleur additionnelle aujourd’hui. Il avait besoin de se sentir caressé, pas attaqué. Il se glissa sous le jet de la douche, tout allait bien. Il ferma les yeux, tout allait bien. L’eau sur son corps, le bruit régulier, la chaleur réconfortante. Tout allait bien.

…To find myself again, my walls are closing in.
I’ve felt this way before, so insecure.

Tout allait bien jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux.  Il était là. Immense, large, puissant, son cri guttural, redoutable et affamé lui faisant figer le coeur. Une masse informe, noire et visqueuse, dégoulinante de sang foncé et sirupeux.  Ses yeux de braise, sa bouche béante et garnie de dents tranchantes, saillantes. Il allait l’avaler, le dévorer, le déchiqueter, l’annihiler. Il allait le tuer, se faire un festin de ses tripes, le laisser vide. Mais ça, ne l’était-il pas déjà? Il ne pouvait pas détacher son regard de ce monstre déchaîné qui étendait du feu de sa géhenne partout dans la pièce, qui s’approchait de lui,  qui lui ouvrait le ventre. Il le voyait de ses propres yeux. La fente, le sang, les viscères qui lui coulaient jusqu’aux pieds.

Seul dans la salle de bain. Complètement seul. Il avait lâché un cri terrifié, les deux mains posées sur le ventre, cherchant à rattraper ce qui s’échappait de lui. Il avait basculé vers l’arrière, était tombé sur le sol de la douche. Puis son dos était venu trouver le coin.


« Don’t kill me, I… I can’t take this anymore, I’m begging you! Don’t kill me, please! I’m sorry, I’m so fucking sorry! » , suppliait-il, pitoyable, alors que son regard noyé de larmes fixaient douloureusement ce bourreau imaginaire.

Crawling in my skin
These wounds, they will not heal
Fear is how I fall
Confusing what is real

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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Mar 1 Avr - 1:11

Your insecurity is so soft to me
I can’t let you breathe in
We are falling into us

Un soupir. Puis un autre. Et un autre. Seulement deux ou trois minutes de passées et elle s’était déjà relevée du divan, pour tourner en rond dans le petit salon démodé. Elle se serait rongé les ongles si ça n’était pas du fait qu’elle s’était défait de cette habitude quelques années avant. Après s’être presque arraché l’ongle de manière inconsciente, la jeune femme avait jugé bon de cesser toute mauvaise habitude impliquant qu’elle se mette les doigts dans la bouche.

Ce genre de nervosité, de stress, elle détestait. Elle détestait parce qu’elle ne savait pas pourquoi elle se sentait ainsi, elle ne comprenait pas ce qui provoquait le déplaisant nœud qui lui tordait l’estomac. Tout ce qui défilait dans sa tête était si complexe, totalement incompréhensible. Ses idées et ses pensées s’entremêlaient et lui provoquaient ces envies de faire des choses complètement débiles. Et si elle partait maintenant et allait voir au pub si Quinn s’y trouvait? Et si elle profitait du fait que le mec qu’elle passait tellement de temps à détester était vulnérable et elle lui faisait regretter toutes les choses mesquines qu’il avait déjà faites contre elle? Et si elle ouvrait la fenêtre et lorsqu’il revenait dans le salon, elle le poussait pour qu’il se brise le cou en tombant sur la rue? Et si plutôt, elle lui disait qu’il ne pouvait pas rester là, qu’elle ne le voulait plus dans son logement et elle le jetait dehors dans l’état lamentable qu’il était? Puis si Quinn était toujours au pub, elle pouvait lui demander pardon et lui dire de revenir chez elle pour la nuit, non? Ou sinon, elle pouvait reprendre la dispute de plus tôt et même devenir violente.

C’était ce que ça lui provoquait lorsqu’elle se sentait envahie par l’incompréhension. La majorité de sa vie, elle la vivait sans réellement comprendre pourquoi les choses arrivaient et ce qu’elle avait fait pour les provoquer, mais à certain moments, ça devenait trop et elle se sentait glisser un peu vers la folie. Heureusement (ou peut-être pas), le cri terrorisé qui retenti dans son appartement et dans tout le petit village probablement, la ramena rapidement à l’ordre. Trois secondes n’étaient pas passées et elle se trouvait devant la porte de la salle de bain, baguette à la main.

Elle l’entendait parler, mais ne comprenait pas tellement ce qu’il disait. Peut-être parce qu’elle-même lui demandait d’ouvrir la porte d’une voix plus forte que nécessaire et qu’elle ne faisait que penser à qui pouvait se trouver dans sa salle de bain avec lui. Dans l’instant, dans la panique du moment, le fait qu’il pouvait être en train d’halluciner ne lui effleura même pas l’esprit.

Un coup de baguette, un sort auquel la serrure ne résista pas et elle ouvrait la porte, d’une façon brutale, comme si elle avait oublié de tourner la poignée. Baguette pointée devant elle, prête à attaquer l’ennemi, l’intrus, l’envahisseur. Prête à faire face à ce qui semblait terroriser le jeune homme dans la douche. D’ailleurs, le rideau du bain ne lui résista pas et d’un mouvement, elle l’arracha presque à la tringle (communément appelé la pôle). Pour se trouver face à rien du tout.

Rien du tout si elle ne considérait pas le jeune homme apeuré qui sanglotait au fond de sa baignoire, en se tenant l’abdomen comme s’il était en douleur. Pour quelques longues secondes, elle l’observa, observa la baignoire, la salle de bain, d’une expression neutre. Parce qu’il ne se passait rien du tout dans sa tête. Alors que plus tôt, elle avait l’impression de lentement perdre le contrôle de son crâne, maintenant, il ne s’y passait rien. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle devait faire, de comment gérer la situation, mais ça ne la dérangeait pas. La jeune femme eu un instant de vide émotionnel total.

Puis ses réflexes lui revinrent d’un coup et sans hésiter, comme si elle savait exactement ce qu’elle faisait, elle ferma l’eau qui coulait toujours, se pencha vers lui, au-dessus de la baignoire, dans un mouvement qui aurait pu donner l’impression qu’elle allait l’enlacer et l’attirer vers elle. Toutefois, ce fut pour lui envoyer une bonne gifle au visage, sans y mettre toute sa force, mais suffisamment pour lui faire mal. Le bruit résonna contre la céramique des murs.


« Harker, there’s nobody here! For fuck sake’s, I thought someone was in here, butchering you and trying to shove you down the drain! Get out of the tub, you need to take something that’ll make you calm the fuck down. » lanca-t-elle du ton le plus doux qu’elle pouvait sortir.

Après tout, ça ne servait à rien qu’elle en rajoute et qu’elle l’énerve encore plus. Il y était déjà bien arrivé par lui-même.

I see you dying in my eyes
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Phillip Harker
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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Mer 9 Avr - 0:36

You are pulled from the wreckage
Of your silent reverie…

Le jet d’eau chaude lui frappait fermement l’arrière de la tête, quelques gouttes vagabondes se frayant un chemin de sa chevelure à son visage. Inondant ses joues déjà noyées de larmes. Ses épaules tremblaient vivement au rythme de ses sanglots bruyants, comme le reste de son corps. Il n’y avait pas de place pour la honte dans cette terreur vive qui lui possédait l’esprit jusqu’au cœur.  Il avait oublié son orgueil, sa fierté, et pour une première fois depuis des années, il était vulnérable. C’était malgré lui. D’habitude, lorsqu’il sentait son imaginaire être bercé par l’influence des drogues qu’il prenait, il faisait tout pour le contrer. Il sortait, s’occupait à autre chose, contrebalançait les effets d’une drogue avec une autre. Mais aujourd’hui, c’était impossible. Il en avait trop pris, le seul moyen de calmer son esprit était d’attendre que les effets s’estompent. Il en avait pour encore une heure et demi au moins. Il était déjà tellement épuisé… Mais derrière ses paupières closes, le sang ne s’arrêtait pas de couler, la bête grognait toujours plus fort, lui grugeait la moelle jusqu’à le vider.

Le jeune homme sursauta vivement lorsque la porte de la salle de bain s’ouvrit brutalement. Il était foutu, les monstres l’assaillaient de tous les côtés.  Il avait presque l’impression que le sol tremblait sous les poids de la créature qui s’apprêtait à l’arracher aux déjà maigres mois qui lui restaient. Ramenant ses pieds encore un peu plus sous lui, l’Anglais se recroquevilla  davantage dans le coin de la baignoire. Sa tête était appuyée sur ses genoux alors qu’il enlaçait ceux-ci de ses bras. Il ne fallait plus y penser. Ne pas se concentrer sur la douleur qui allait suivre à tout moment.  Il était trop tard pour se battre de toute façon. Le rideau de la douche céda. Il sentait le regard de sang de la bête l’observer, l’analyser, comme une affamé qui contemple le buffet qui l’attend après des semaines sans avoir mangé.

C’était exactement ce qu’il lui fallait. Une gifle ferme et solide, pas agressive mais pas retenue non plus.  Un choc, un réveil brutal de ce cauchemar sombre et glacial. Une halte à ce sentiment de vide sans fin. Il prit une grande goulée d’air, ses yeux toujours humides s’ouvrant largement sur ce monde qu’il connaissait. Un monde qui lui était familier, même s’il n’en était pas moins hostile. Il se rassurait d’un regard furtif autour de lui avant de regarder Paxton. Il n’était pas certain de ce qu’il lisait sur son visage. De l’exaspération, de la frustration, de l’inquiétude, du souci, de la compassion, peut-être même. Ou était-ce la drogue qui lui faisait voir ce qu’il désirait, cette fois? Il lui fallut quelques secondes avant que son corps ne réponde aux ordres de la jeune femme. Mais il réussit finalement à se hisser sur ses pieds malgré la faiblesse de ses genoux. Il ne se soucia pas un instant de sa propre nudité. Il n’en avait rien à faire, c’était bien le dernier de ses soucis, et c’était sans doute la même chose pour l’Anglaise. Elle n’en avait pas fait de remarque, ne lui avait pas dit de se rhabiller le plus vite possible. Elle l’attendait, elle était patiente, même si elle ne le savait pas. Il échangea un autre regard avec elle avant de faire un pas hors de la baignoire, puis deux. Il agrippa la serviette qu’il avait laissé sur le bord du lavabo et se sécha rapidement la tête puis le corps avant de la nouer à sa taille. Mouvements lents, presque mécaniques, teintés d’une humeur qu’il aurait été difficile à définir. Fatigue, mélancolie, douleur. Et une chaleur intense et vraie dans le creux de son torse. Un élan puissant qui le poussait vers la jeune femme qui se tenait toujours devant lui.

C’était inexplicable, cette pulsion, cette envie furieuse de la serrer contre lui, de poser ses lèvres au coin de sa mâchoire, de sentir ses doigts enlacer les siens, sa paume chaude contre la sienne. C’était tout sauf logique, tout sauf raisonnable. Il la détestait, il aimait la voir souffrir, il aimait la pousser jusqu’au bout, il aimait la faire crier, il aimait ses poings sur sa joue, il aimait sa proximité, il aimait ses mouvements lascifs contre son bassin, il aimait sa langue qui effleurait la sienne en un baiser au goût d’alcool.  What the fuck are you thinking, Harker?

Il ignora cette voix qui lui disait de rester tranquille. Il ignora la voix de sa conscience qui prenait parole trop peu souvent. Il ignora ces murmures derrière ses tympans qui lui disaient d’arrêter, de prendre quelque chose à boire et de se coucher, tout simplement. Il s’approcha d’elle subtilement, doucement, évitant à tout prix son regard alors qu’il passait ses deux bras autour de sa taille, l’incitant dans le même geste à mettre les siens autour de sa nuque. Son souffle vacilla puis ses lèvres se posèrent sur la tempe de Paxton en un baiser bref mais infiniment reconnaissant. Et finalement, son front trouva le sien, s’y reposa, épuisé. Le bout de son nez chatouilla celui de la brunette. Maladroitement, innocemment.


« Thank you. », souffla-t-il, la voix rauque, alors que l’ambre de ses yeux osa finalement effleurer le vert des siens.  

…You’re in the arms of the angel
May you find some comfort here.

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MessageSujet: Re: You wear me out [Phil]   Jeu 10 Avr - 0:58

As I wander to your side of town each day
Where the windows are barred
And hopeless lays on the street,
All the noise disappears
You're the only thing I hear

Une vague de soulagement traversa Paxton lorsque son invité releva des yeux plus lucides, plus allumés.  Il observa les alentours, puis posa enfin le regard dans le sien. Elle se savait demandante, dure, mais dans le moment, elle n’en était pas capable. Et ce n’était pas ce qu’elle désirait. Elle désirait lui donner du répit, le laisser reprendre son souffle et se remettre de cet état. Afin de lui laisser de l’espace pour qu’il puisse sortir de la baignoire, ele se redressa et recula de quelques pas, sans toutefois le quitter du regard. Même pas pour une seconde. Pour le reste de la soirée, il ne sortirait pas de son champ de vision. Non seulement parce qu’elle ne voulait pas qu’il passe la nuit à paranoïer, mais aussi parce qu’elle ne voulait pas qu’il mette le feu à son appartement, pour quelconque raison qu’il pourrait trouver.

Elle n’en avait rien à faire de sa nudité. En fait, bien qu’elle l’observait, elle se trouvait bien loin dans sa tête. À contempler ce qui venait de se passer, à tenter de se raisonner et de remettre ses idées en place. Elle ne pouvait pas se permettre d’être aussi faible, aussi douce, mais en même temps, elle ne voulait pas être difficile. Et vraiment, elle ne savait pas comment être entre les deux. Elle ne savait pas comment pas comment se montrer compréhensive, comment mettre de côté ses habitudes et ses idées sans faire comme si rien de tout ça n’existait. Elle pouvait être l’un ou l’autre et maintenant, maintenant qu’elle le regardait nouer la serviette à sa taille, elle était déchirée.

Il s’approcha lentement et pour une courte seconde, la Londonienne pensa s’éloigner. Sortir de la salle de bain et retrouver un grand espace où il ne serait pas dans sa bulle. Et pourtant, elle ne procéda pas. Elle resta sur place, crispée, incertaine de ce qu’il faisait, de ce qu’il voulait et de ce qu’il attendait d’elle. Et lui, il s’approchait toujours, sans oser lever les yeux vers elle.

Son premier réflexe, lorsqu’il passa ses bras autour de sa taille, fut de poser ses mains sur ses avant-bras, dans un geste incertain. Devait-elle le repousser? Rester silencieuse et accepter peu importe ce qu’il désirait faire? Elle n’en avait aucune idée. Aucune idée. Ses mains se posèrent sur ses bras et alors qu’il posait un baiser sur sa tempe, elle ne pu s’empêcher de déglutir bruyamment. Non, il ne pouvait être doux avec elle. Pas comme ça, pas dans de petits gestes tendres. Elle ne voulait pas avoir à le repousser, elle ne voulait pas avoir à être méchante. Il compliquait tout.

Son front contre le sien lui rappela la proximité de leurs corps et sans hésiter, elle leva les yeux vers lui, en espérant voir quelque chose qui lui indiquerait comment agir. Aucune chance. De la gratitude, voilà ce qu’elle voyait. Les deux mots qu’il prononca ne lui échappèrent pas et provoquèrent en elle un déchirement encore plus grand que le précédent. Apres hésitation, après avoir mesuré ses options et les possibilités, la brunette vint lui flatter une joue de la paume de sa main, avant de le repousser aussi doucement qu’elle le pouvait.


“ You’re welcome.” répondit-elle, en s’éloignant de lui, sans toutefois se montrer énervée ou pressée.

Il devait s’éloigner d’elle. Sans lui commander de s’habiller ou quoique ce soit, elle lui pointa ses vêtements du regard. Tout en lui laissant un moment pour enfiler ses vêtements, la demoiselle poussa un soupir silencieux, en se demandant si tout ça était normal. Est-ce qu’il était supposé s’approcher d’elle ainsi et se mettre dans sa bulle et la toucher…? Elle était convaincu que non. S’il n’était pas déjà dans un état déplorable, elle lui aurait mit une volée pour oser s’approcher ainsi d’elle. Pourquoi n’arrivait-elle pas à faire pareil? C’était son problème à lui s’il avait trop consommé. Il connaissait les répercussions de ses actes, il savait qu’il se mettait dans une position vulnérable. Alors pourquoi n’avait-elle pas envie d’en profiter et de le faire saigner? Il osait faire des choses qu’elle ne permettait à personne d’autre que Quinn. Pourquoi n’avait-elle pas envie de lui faire regretter?

Sans y penser plus longtemps, elle quitta la salle de bain, tout en s’assurant qu’il la suivait, puis elle rangea sa baguette, qui était toujours fermement ancrée dans son poing. Il était temps de boire, autant pour lui que pour elle.
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You wear me out [Phil]

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