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 come on, is there anybody in there? | [pv phillip]

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MessageSujet: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Jeu 17 Juil - 14:17

A peine quelques mois – deux, ou trois, ou quatre, tu ne sais pas, c’est en journées interminables que tu comptes la durée de ton calvaire – que tu suis des cours dans ces bâtiments, et déjà tu connais la plupart des coins inconnus de la masse populaire. Ces endroits parfois un peu sales, épargnés par le brouhaha de l’université ainsi qu’un temple se dressant miraculeusement en temps de guerre – un endroit où les âmes en peine s’accordent un moment pour retrouver un semblant de sérénité intérieure. L’observatoire d’astronomie, en journée, est de ces endroits.

Le plancher craque brièvement lorsque tu franchis le pas de la porte. Personne, comme tu l’espérais. Tu t’allonges au milieu du bric-à-brac saugrenu, ne portant que peu d’intérêt aux cartes et aux télescopes, et allumes le joint discrètement roulé pendant le cours de psychomagie – à défaut de véritablement te passionner, ce dernier a au moins le don de t’enfoncer dans de sacrées délires introspectifs lorsque tu y assistes la tête encore retournée de ton dernier pétard. Personne, si ce n’est toi, au milieu de ce bordel pour chercheurs d’étoiles dans la nuit, toi et les volutes de ton étrange cigarette. Ça ondoie, ça se gonfle avec la grâce d’un paon déployant fièrement sa queue, ça s’évapore dans le cérulé intouchable, intouché, du firmament ; et toi tu te perds dans les méandres exaltés de ton esprit.

La « sérénité intérieure », mon cul. Encore une chimère de hippie qui s’obstine à croire qu’à force de sourires et de bienveillantes intentions il révolutionnera le monde.

Soudain, tu entends un craquement. Le plancher, une fois de plus. Qui n’aurait aucune raison de se manifester si quelqu’un ne le foulait pas de son pied lourdaud. Tu fermes les yeux et pousses un soupir, saoulée d’avance.

« Si t’es encore prêt de la sortie, tu veux pas te retourner et revenir d’où tu viens ? Le soleil est bien haut dans l’ciel, y’a pas d’étoiles, reviens dans six heures. »

Et tu ne daignes certainement par retenir le « Connard, va... » qui échappe à tes lèvres sous la forme d’un murmure exaspéré.
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Phillip Harker
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MessageSujet: Re: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Jeu 17 Juil - 17:54

J’en ai marre.

J’en ai toujours plein de cul, mais aujourd’hui, ‘est pire qu’avant. Pire que toutes ces autres satanées journées, tellement ennuyantes qu’elles en sont douloureuses. Les minutes passent avec une lenteur exagérée. Tic… Toc… Tic… Toc… Fuck me, c’est long. Je n’entends plus rien. Le prof parle de tout, de rien. Alors que je le fixe, l’air vide. Tout ce que je peux m’imaginer, ce sont mes mains autour de son cou. Qui le serrent. Les veines qui battent contre mes doigts. Ou son corps soudainement pris de violentes convulsions lorsque j’aurais glissé un peu de poison dans son verre d’eau. Je lâche un court rire sec, un fin sourire ourlant mes lèvres. Qu’est-ce que je fais ici? Pourquoi je perds mon temps dans cette salle de classe insignifiante, entouré de gens débiles, à écouter un discours redondant, abruti et absurde? Je pourrais être au Bloody Ghoul à travailler sur ce poison qui me trotte dans la tête depuis des jours. Je pourrais être en train de refaire mon stock de coke. N’importe quoi. Tout sauf ça. Je lâche un soupir qui est tout sauf discret, puis me lève. J’interromps cet enculé, ce faucheur de vivacité d’esprit. Il me demande ce que je fais. Le ton condescendant, parce qu’il vaut mieux que tout le monde, évidemment. Je prends mes trucs, lui envoie sans hésiter le doigt d’honneur et sort, sans manquer de ponctuer ma sortie d’un « Whatever, you fuckhead » bien senti.

Jusqu’à maintenant, c’est le meilleur moment de ma journée.

Les couloirs sont vides et c’est bien tant mieux. Il n’y a qu’à des moments spécifiques que j’endure les autres. Et là, tout de suite, je veux être seul. Seul avec moi-même. Ma peau, mon âme, mes petits cristaux blancs de bien-être synthétique. Et plus j’y pense, plus l’envie me travaille jusqu’aux tripes. Envie de sentir mes neurones s’exciter. Elles sont cruellement en manque de stimulation. Après tout, ça doit bien faire deux heures depuis mes derniers rails. Je tâte le petit sac de plastique qui se trouve dans la poche de mon pantalon, en évalue le contenu puis prend le premier détour qui me mènera à l’observatoire. C’est toujours vide en plein jour. Et puis, je n’ai pas la patience d’attendre et de me rendre au Bloody Ghoul. Ce que je veux, c’est une satisfaction immédiate. Je snifferai au beau milieu du couloir, si je le pouvais, mais apparemment y’a des gens que ça irrite, de voir quelqu’un assouvir ses besoins.

J’ai à peine posé le pied sur le sol craquant de l’observatoire que j’entends une voix féminine se plaindre de ma présence. Les sourcils froncés, je m’approche. Un peu frustré – elle pouvait pas aller ailleurs, celle-là? – un peu intrigué. Je reconnais cette voix, sans pouvoir l’identifier. C’est plus comme un souvenir qu’une réalité et j’ai bien du mal à chasser cette impression. Alors je m’avance un peu plus, le pas plus lourd. Je fais exprès. Comme si j’allais me plier aux caprices d’une petite conne. J’espère qu’elle m’entend bien.  Je distingue une silhouette. Je ne regarde pas où je vais lorsque je lui rends ses paroles.


« Encore une fillette à qui on n’a pas appris la politesse. Ferme ta gueule si t’as rien de joli à dire, miss. »

Puis je la vois. Ses cheveux d’abord, malgré l’obscurité enveloppante. Et c’est suffisant pour me couper le souffle, pour que mon sang se fige une seconde. Puis son visage. Son corps. Elle a changé, mais elle est la même. Elle n’était qu’adolescente, la dernière fois que je l’ai vue. Mais tellement adulte à fois. Seulement maintenant son corps a rattrapé son esprit. Et je songe que moi aussi j’ai changé. Mais que moi aussi, je suis le même. J’essaie de ne pas la fixer mais j’échoue. Mes idées filent à toute allure mais mon visage reste de marbre. Jusqu’à ce que j’ouvre la bouche une autre fois et que l’ombre d’un sourire narquois éclaire mes traits.

« Qu’est-ce que tu fous ici? J’te manquais trop, y’a fallu que tu me suives jusqu’en Écosse? »

Mais en fait… Je suis heureux de la voir. Même si je ne lui dirai pas.

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MessageSujet: Re: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Jeu 17 Juil - 19:08

« Attends un peu de voir comment moi j’vais t’apprendre la politesse si tu dégages pas direct, petite raclure... », t’apprêtais-tu à cracher en entrouvrant les yeux afin d’appréhender l’emmerdeur – le potentiel adversaire. Bam ! la familiarité de cette belle gueule t’explose à la gueule. Déjà sa voix vibrait d’une façon étrange au diapason de ton instinct, ces inflexions te disaient quelque chose, c’est vrai. Mais ça te fait quand même bizarre, un genre de choc électrique ramenant à un passé trouble, de retrouver soudainement un des rares bons potes de Poudlard, et accessoirement le seul qui sut te faire véritablement brûler d’une affection qui désire comme une bête enragée.

« Exactement, Phil’, j’t’ai suivi à la trace, ricanes-tu d’un air méprisant en t’astreignant à une position assise, parce que j’avais qu’ça à foutre de ma pauvre vie. »

Tu lèves les yeux au ciel, tires longuement sur ce joint dont la verte, pourtant amstellodamoise, semble gagner le goût de la weed médiocre que tu faisais pousser en catimini dans la serre de Poudlard – ils ont failli te virer pour ça, bordel. Un vulgate de madeleine te Proust qui te replonge dans une jeunesse pas si lointaine – tu te revois, toi et l’uniforme que tu t’amusais à déchirer savamment, à affubler de multiples chaînes et épingles, « Moins dix points pour Serpentard ! Veuillez arranger votre tenue miss Ginsberg ! », blablabla ; et lui, là, putain de beau gosse comme toujours avec son pétard entre les lèvres, indolemment appuyé contre la porte des toilettes pour empêcher toute menace potentielle de vous griller.

« Les vieux m’forcent à faire des études, et y’a qu’ici qu’on a voulu d’moi. Tu dois savoir de quoi j’parle... »

Tu lui décoches un mince sourire goguenard, headshot mon poulet, puis jettes un bref regard au vide à côté de toi – ta manière détachée, tout à fait désintéressée, de l’inviter à prendre ses aises. Tu as bien envie de lui demander ce qu’il devient, ce que lui fout là au juste, s’il continue à foutre la merde partout où il passe ; néanmoins la première question qui t’échappe c’est...

« Dis, tu continues à faire de la MD, de l’héro’, des trucs de c’genre ? »

Ça c’est une bonne junkie.

« Eh, goûte ça. Les moldus d’Amsterdam ont une de ces vertes, ça t’envoie au-dessus d’la galaxie j’te jure, que tu ajoutes en lui tendant le joint, le regard quelque peu adouci, réchauffé par le pesant apaisement de la marie-jeanne. »

Foutrement amusant, de constater la nonchalance et l’aisance avec lesquelles tu reproduis les rites d’une ancienne amitié comme si elle n’avait pas été jusqu’à ce jour oubliée et effacée de vos deux existences. Comme si vous vous retrouviez cinq ans en arrière, avec des tronches de vieux, plus d’amertume à vomir – une seule chose ne change pas, échappée vicieuse du temps gangrène, le désir silencieux qui flamboie dans ton bas-ventre. Encore plus beau qu’avant, ce putain d’enfoiré.
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Phillip Harker
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MessageSujet: Re: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Sam 19 Juil - 4:05

Je me souviens de la dernière fois que je l’ai vu comme si c’était hier. Je n’ai rien oublié, même si presque quatre ans ont passé depuis cette soirée qui, jusqu’à maintenant, reste l’une des plus belles soirées de toute mon existence médiocre. C’était la veille de mon départ à l’UMA, mes valises étaient déjà faites, traînaient dans le couloir de mon petit appart crade du centre-ville de Londres. D’ailleurs, on m’a souvent dit que j’étais chanceux de vivre seul dès mes quatorze ans. C’est que mes parents ne voulaient tellement pas de moi qu’ils m’envoyaient régulièrement de l’argent pour que j’habite seul. Loin de leurs nouvelles familles respectives. Et moi non plus, je n’ai jamais voulu d’eux, en fait. Elle était venue me rejoindre, du haut de ses  quinze ans, j’en avais dix-huit. Mais elle a toujours fait plus vielle que son âge. Elle est comme moi de cette façon. Elle a vieillit trop vite. Elle a vécu trop de choses, a vu trop vite la crasse qui souille l’humanité. Je me rappelle de ses shorts noirs qui lui frôlaient la courbe des fesses, ses collants fishnet, son chandail qui dévoilait juste assez de son décolleté. Je me souviens de la frange bleue qui encadrait si bien son visage.

On s’est claqués deux rails chacun et deux comprimés de MDMA avant de partir. Je l’ai traînée dans les pires bars, dans ces endroits underground où la musique est trop forte, où la basse mène les battements de notre cœur, où notre vision se retrouve toujours obstruée de lumières, de lasers, de corps en mouvement. On a bu. On était assoiffés. On a dansé, on s’est touchés. On est rentrés chez moi. La bouteille de whisky, mon matelas à même le sol. On s’est embrassés, affamés, et nos lèvres ne se quittèrent plus, sauf pour arpenter le corps de l’autre. J’ai déchiré ses fishnets. J’ai mordu son cou, j’ai griffé ses fesses, j’ai possédé son corps. Elle m’a fait fondre, je l’ai fait crier. L’haleine qui sent l’alcool et le désir animal. Ses mèches bleues qui lui collaient à la peau.  Je suis parti au matin, je l’ai laissé dormir. Une note à l’arrière de la porte d’entrée; « Laisse les clés dans la boîte postale. Merci pour hier ». C’était rien, mais ça voulait tout dire.

Quatre ans plus tard et j’ai toujours férocement envie d’elle.

Mais je ne dis rien. Je la regarde dans les yeux, la laisse parler. J’écoute sa voix. J’approuve d’un hochement de tête; ouais, j’vois de quoi elle parle.  Ça n’est pas par hasard que moi aussi, je me suis retrouvé dans cette fac perdue où la normalité n’est qu’un concept lointain et plus abstrait encore que l’étrange. Je lui rends son sourire avant de m’asseoir à l’endroit qu’elle m’a désigné des yeux. Puis sans gêne, je sors mon stock. Le miroir, une carte à jouer trouvée au hasard à la Banshee qui représente le roi de piques. Le petit sac de plastique  dans lequel se trouve la poudre.  Je fais lentement tomber la drogue sur le miroir puis sourit, malicieux, à la question qu’elle me pose. Je la regarde quelques secondes, regarde la coke puis lance, le ton évidemment sarcastique :


 « Dis pas de conneries… comme si c’était mon genre. Et puis, qu’est-ce qui pourrait te donner une idée pareille? Lâche le shit, beauté. »

Je lâche un court rire sec mais tout de même franc avant de reprendre.

« J’ai tout ce dont tu peux rêver et plus encore. Et je cuisine tout moi-même. Comme ça.», que je dis en lui désignant la poudre magique d’un mouvement de tête.

Je glisse la carte contre le miroir, étends la drogue en quatre rails généreux et égaux. J’ai hâte qu’elle l’essaie. J’ai hâte qu’elle voit que je n’ai pas perdu mon temps pendant ces années. Qu’elle sente dans ses sinus et contre son palais que c’est la meilleure coke qu’elle aura sniffée de toute sa vie. Que je suis toujours un cancer de la société mais qu’au moins, je sais faire quelque chose. Même si c’est m’offrir à moi et à d’autres les plus intenses des plaisirs synthétiques. Je prends le joint entre mes doigts, en tire deux grandes bouffées. Je le lui redonne, garde la fumée dans mes bronches une quinzaine de secondes avant de l’expirer lentement par les narines. Ça m’engourdit un peu la mâchoire, ça me monte doucement à la tête. Je souris, c’est vrai qu’elle est pas mal. Un peu amère à mon goût mais pour du stock de moldus, ça le fait. Je ne dis rien, je sais qu’elle sait ce que je pense.

D’habitude, je ne sniffe pas devant les gens. Pas que ça me dérange, mais j’ai toujours vu ça comme un geste plutôt intime, qui ne se partage pas avec n’importe qui. Mais avec elle, je ne me gêne pas. Je ne me suis jamais gêné. Je lui jette un dernier regard avant de me pencher vers le miroir, yeux mi-clos. Ferme une de mes narines d’un doigt. Sniffe un rail. Deux rails. Trois rails. Ça m’électrise, cette vague de neurotransmetteurs qui m’assaillit le cerveau, qui fait battre mon cœur deux fois plus vite, qui me chatouille le bout des doigts. J’humecte justement le bout de mon index de salive puis le passe sur les quelques grains exilés avant de les porter jusque sous ma langue. Puis je lui passe le miroir, le plus naturellement du monde, pour lui donner mon dernier rail. Je m’étends, profite du chatouillis que je ressens à travers mon corps, de cette sensation de tout pouvoir faire. Ma main brise la glace, vient se glisser dans le bas de son dos. La taquine du bout de mes doigts, la caresse de ma paume chaude. Je ne dis rien. Je profite de ce moment. Parce que ça fait beaucoup trop longtemps que je ne me suis pas senti à ma place.
   

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MessageSujet: Re: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Sam 19 Juil - 13:48

Tu regardes Phil’ faire – sortir son matos, aligner parfaitement les quatre rails comme s’il traçait avec beaucoup de soin la direction fulgurante et funeste qu’ils donnent à leur vie, celle de l’addiction, de la défonce et de l’overdose.

« J’comprends même pas pourquoi tu t’fais chier avec ça, grommelles-tu d’une voix distraite, l’esprit encore encombré de réminiscences vagues. Tu pourrais largement vivre de ta petite cuisine. »

Tu reprends le joint, satisfaite de deviner à son coup d’œil qu’il apprécie à sa juste valeur ta purple haze. Tu le scrutes en fumant nonchalamment tandis qu’il s’enchaîne les trois premières lignes – « Mais quel radin, que tu murmures d’un ton gausseur, tu me laisses rien ? ». Si la verte est devenue la drogue de prédilection de ton quotidien chaotique, c’est pour éviter les regards. Tu sais, ces regards dégoûtés et compatissants de gens biens, sains, comme il faut, qui, à te voir te planter la seringue dans le creux de l’avant-bras, imaginent voir toute la misère du monde. Pas que t’en aies quelque chose à foutre du regard des autres, pas habituellement en tout cas, mais ce regard-là, ce regard-là a le don de te rappeler que tu n’es qu’un déchet parmi des milliers d’autres déchets, perdu dans le bordel du dépotoir qu’est notre monde. Alors du coup tu fumes, tu fumes, tu écoules tes journées en fumée, d’un ou deux joints roulés le temps d’une pause tu apaises les tremblements convulsifs de tes membres – de l’héro’, putain, tu veux de l’héro’, pas de cette merde verte. Tremblements qui te reprennent de plus belle, malgré le spliff, malgré la défonce, malgré tout, lorsque le jeune homme te tend le dernier rail ; tu prends soigneusement, quoique maladroitement, le miroir et le places entre tes cuisses, sur le croisement de tes pieds. Un frisson te parcourt de la tête aux pieds – l’autre doit le sentir, à balader sa main sur ton dos d’un tee-shirt trop long et trop large à l’effigie des Sex Pistols.

Tu te penches. Tu prises. Longue inhalation de la narine, l’autre bouchée par ton doigt y exerçant une faible pression ; tu veux t’envoyer toute la ligne d’un coup. Tu te relèves comme si de rien n’était, passes le doigt sous ton nez et suçotes silencieusement ce que tu as récupéré.

« Putain, elle est bonne. Tu fais vraiment la meilleure came du monde, j’crois. »

Oh ça ouais. Rush d’extase et de toute-puissance, un missile de cocaïne qui te déglingue la cervelle presqu’aussi bien que ton Hélène adorée. Tu te tournes vers Phil’, un sourire ténu ourlant tes lèvres ; il te suffit de remarquer un reste de cocaïne au-dessus de sa lèvre supérieure pour t’allonger à moitié, lentement – comme si tu craignais de l’écraser –, sur lui. Et, d’un coup de langue lascif, tu dégages les quelques grains blancs.

« T’en avais encore, t’expliques-tu en un souffle chaud contre ses lèvres. »

Et tu le fixes, droit dans les yeux, cherchant dans ses prunelles sombres le reflet de ton besoin animal, exacerbé par la drogue qui pulse dans ta tête, dans tes veines, tes jambes noircies par le collant déchiré que tu portes en simulacre de pantalon entremêlées aux siennes.

« C’est quand même fou d’se retrouver comme ça. J’fais finir par croire aux hippies et leurs conneries de destin, moi... »
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MessageSujet: Re: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Sam 19 Juil - 22:19

Je ne sais pas comment me sentir. Ma tête non plus, mon cœur non plus. C’est trop en même temps et j’ai géré ça comme un roi, en m’envoyant du rêve plein le nez. Mon esprit est encore plus dispersé que d’habitude, tiraillé entre les souvenirs du passé, l’étrangeté du présent et la perspective du futur. Parce que je pensais l’avoir perdue pour toujours. Je pensais ne plus jamais la revoir, ce matin-là, alors que mon départ vers l’UMA était tout particulièrement aigre et qu’au fond, j’aurais préféré dormir avec elle. Me réveiller avec un mal de bloc, faire griller un pétard, la baiser une autre fois avant de passer sous la douche. Mais je suis parti en me disant que tout ça, c’était terminé, que ça avait été génial le temps que ça avait duré. Je m’étais presque convaincu qu’il était temps de passer à être chose, qu’autre chose me captiverait autant qu’elle avait pu le faire. Et il y en a eu d’autres. Des filles qui paient leurs doses de pipes adroites et avides dans des W.C. crades. D’autres qui avaient un peu plus de personnalité, qui ne se laissaient pas marcher dessus, qui me tenaient tête, mais atrocement frigides, tant qu’on aurait pitié d’elles.

Mais il n’y avait qu’une seule Blue. Il n’y en aura qu’une seule. Cette fille perdue qui me connaît comme personne d’autre. Cette fille farouche, enragée, brutale qui  courbe l’échine pour un shot de Crystal Meth et quelques baisers bien placés au creux de son cou. Cette fille qui me perce l’âme de ses yeux, que je pourrais mettre à mes pieds de quelques mots soufflés à son oreille. La guerrière, la pute, la violente, l’aimante. Elle a tout pour me fasciner, m’hypnotiser… Me donner envie de la faire taire d’une gifle du revers de la main, serrer sa peau un peu trop fort. Elle fait ressortir le meilleur et le pire de ma personne. Le tortionnaire, le passionné, le déchaîné, le soupirant.  Elle a tout pour me plaire et me dégoûter à la fois. Elle a tout ce dont j’ai besoin, et tout ce que je redoute. Et elle est là, tout près de moi, alors que j’avais fait une croix sur son existence. La coke m’empêche de pousser mon raisonnement plus loin, malgré mes pensées qui s’entrechoquent avec une agressivité surprenante.

Je sors de ma torpeur profonde lorsqu’elle commente finalement sur la fée blanche.  Je souris pour moi-même, sourire mince, satisfait. Je ne sais pas si je fais la meilleure du monde, mais c’est très certainement la meilleure qui j’ai essayé. Et ça n’est pas peu dire. Mon sourire ne disparait pas lorsqu’elle se tourne vers moi, qu’elle se penche jusqu’à s’étendre un peu par-dessus moi. Sa proximité m’a manqué. Je la laisse faire, évidemment. Sens mon bas-ventre se tordre ardemment lorsqu’elle vient glisser sa langue juste au-dessus de ma lèvre. Mais je résiste, malgré tout mon corps qui me gueule de la prendre ici, à même le sol, de célébrer nos retrouvailles comme nous seuls savons le faire. Ma main glisse sans gêne contre sa cuisse, mes doigts agrippant, conquérants, la peau juste sous sa fesse. Je la regarde toujours dans les yeux.


« Y’a personne d’autre sur cette planète qui soit assez désaxé et dépravé pour vraiment te plaire, Ginsberg. », lui dis-je, l’air infiniment confiant.

Je sais que j’ai raison. Parce que c’est le cas pour moi. Je la défie des yeux. Je la défie de me dire le contraire, que je n’ai pas raison. Mais je ne lui laisse pas tout à fait le temps de me répondre. Ma langue passe machinalement sur mes lèvres avant que je ne penche la tête vers elle. Je me lève sur un coude, la garde bien pressée contre moi d’un bras dans son dos alors que mes lèvres plongent vers son cou. J’embrasse sa peau, lui assène un coup de ma langue percée le long de l’artère carotide. J’en sentirais presque son cœur battre. Passe le détour de sa mâchoire, la mordille délicatement.


« C’était long, quatre ans. », que j’admets en un soupir alors que ma lèvre inférieur effleure le lobe de son oreille.  

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MessageSujet: Re: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Mar 22 Juil - 19:47

Ton sourire s’agrandit, il s’encanaille, dénote quelque chose comme une nonchalance à la fois moqueuse et enjôleuse – le miel et l’amertume amalgamés ainsi que seule toi sais le faire –, tandis que la main de Phillip trouve son chemin jusqu’à sa chair. Vas-y, ne te gêne surtout pas, tripote moi comme si malgré la distance et le temps je t’appartenais autant qu’hier, moins que demain ; t’es bien le seul à avoir ce privilège, mieux encore, tu l’as gagné, tu l’as mérité, alors pourquoi te priver ? A tous les coups que c’est à cause de la coke, de cette coke de malade qui amplifie chacune de tes sensations – le toucher de ton vis-à-vis, il te brûle délicieusement tant tu le ressens – mais tu te dis, là, comme ça, qu’il a raison, ce petit con. « Personne d’autre qui soit assez désaxé et dépravé », et toi tu as bien envie de lui murmure au creux de l’oreille que oui, c’est vrai, tu as raison, à plus d’un point j’ai jamais autant pris mon pied qu’avec toi. Sauf que tu as une fierté, un orgueil.

« P’tête bien, ouais, ricanes-tu néanmoins en le défiant malicieusement du regard. Ou p’tête que c’est juste parce que... »

Tu t’interromps brusquement, pousses un faible gémissement. « ... parce que t’as d’la bonne came », t’obstines-tu à murmurer, en dépit du fait que ta réaction a probablement privé ta remarque de toute crédibilité. T’y peux rien si ta peau frissonne à chacun de ses baisers comme si elle n’existait que pour la tendresse fiévreuse du jeune homme, et t’y peux rien si instinctivement tu te presses contre lui tout en parcourant sa tignasse, sa nuque d’une main tremblante et empressée. C’est juste... lui. Putain, ouais, c’était long, quatre ans. Tes lèvres n’en attendent pas plus pour capturer les siennes avec une véhémence hargneuse, toute entière tu pulses d’un désir que la drogue décuple au point de te rendre folle – exquisement folle, c’est si bon de se sentir imploser du cerveau. Et pourtant tu te détaches de son étreinte, feignant un air des plus innocents. Tu veux jouer un peu, sinon c’est trop facile.

« Si j’te manquais tant qu’ça, t’avais qu’à m’chercher. Genre courir dans tous les coins louches de Londres. »

Si tu te moques ouvertement de lui ? Un petit peu, éventuellement. Tu t’étends paresseusement à ses côtés, suivant d’un regard vague le chemin lent, tranquille, que tracent les nuages au gré du vent dans un ciel lumineusement bleu. Du coin de l’œil tu le scrutes, te retenant de rire.

« En fait, même, t’aurais dû m’chercher, j’me suis un peu fait chier. »
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MessageSujet: Re: come on, is there anybody in there? | [pv phillip]   Mer 23 Juil - 2:56

Ses lèvres étaient exquises. Tellement meilleures que la dernière fois que je les avais goutées. À vrai dire, ça faisait si longtemps que j’en avais presque oublié le goût. Le sucre, le velours, l’épicé, l’amertume. Les souvenirs m’assaillaient avec autant de force que cette vague de désir absolument dingue, et ça ne faisait qu’attiser le feu qui me grimpe au ventre. Ses doigts dans mes cheveux, ses ongles qui griffent ma nuque, son corps qui se presse au mien, m’appelle, me crie de ne pas l’épargner, d’y mettre tout ce que j’ai. Et j’obéis. Le baiser s’approfondit, devient autant fiévreux que désespéré. L’une de mes mains trouve ses cheveux, mes doigts s’y refermant alors que ceux de l’autre gravent leur présence sur sa cuisse. Je tire, un peu. J’appuie, fermement. Pour qu’elle le sente bien. Je suis là, Blue. Je suis là et je veux profiter de chaque millimètre de son corps, de chaque parcelle de ton âme. Je veux te briser et de construire à la fois, te rendre mienne et que tu me détestes aussi. J’ai besoin de sentir mon cœur s’emporter de rage, de désir violent, de haine et d’amour, tous les deux inconditionnels.

Mais le baiser ne dure pas, évidemment. Elle le déchire, le brise de son jeu. Elle veut me faire attendre, je le sais bien. Elle veut me rendre fou et elle sait bien le faire. Je suis déjà fou. Suffisamment pour jouer à son jeu, pour y mettre du mien. Parce qu’elle sait que je ne la supplierai pas. Elle sait que ce va-et-vient ne se terminera que lorsque l’un d’entre nous se servira de sa force pour faire plier l’autre jusqu’au moment où la marche arrière sera impossible. De toute façon, avec elle, je ne veux jamais me retourner. Je veux toujours foncer. Aveugle mais certain que ce qui m’y attend sera tout aussi délectable qu’odieux. Je ne lui réponds rien pour l’instant. Je ne lui souris même pas. Je la regarde, tout simplement. Ses lèvres qui bougent, son corps qui vient s’étendre pas trop loin mais trop loin à mon goût. La coke rend la distance et l’immobilité presque insupportable. Je résiste, encore quelques secondes. Le temps, tout juste, qu’elle fixe à nouveau son regard sur moi. Putain qu’elle est belle. Pas comme ces bimbos tout juste bonnes à coucher. Elle est belle avec son regard farouche, son air narquois, les marques indélébiles au creux de ses bras. On se ressemble. Et j’ai tout juste le temps de me demander si elle aussi, me trouve beau. Mais je m’arrête ; quelle connerie, de penser à ça.

Je viens me placer à quatre pattes par-dessus elle, mon visage d’abord au niveau du sien. Je l’effleure du bout de mon nez, fixe mon regard dans le sien, rase son menton du bout de mes lèvres en évitant habilement l’étreinte des siennes. Nos souffles se mélangent. Le sien me colle à la joue, le mien à son cou. Puis mes jambes se resserrent contre les siennes, les tiennent solidement entre mes cuisses. Je ne veux pas qu’elle bouge de là. Je veux qu’elle sente mon corps qui ondule contre le sien alors que mes doigts enserrent violemment ses poignets, les clouant au sol, alors que mes lèvres embrassent la peau de son cou, alors que nos corps sont sur le point de s’enflammer. J’érafle sa clavicule de mes dents, lèche la trace rouge que j’y laisse. Puis je la relâche, subitement. Mais ce n’est que pour mieux revenir à la charge, mon enfant. Mon corps glisse le long du sien, mes cuisses tiennent toujours ses jambes. J’arrive tout juste au niveau de son ventre lorsque mes mains se posent sur son t-shirt. Je le soulève infiniment lentement, laissant mes doigts réunir le tissu entre eux alors que sa peau pâle s’expose à ma bouche.


« Tu dis ça parce que je t’ai manqué, hm? » , que je murmure contre sa peau, ma voix chaude, basse, empreinte d’un désir que je n’arriverais pas à dissimuler même si je le voulais.

Baisers brûlants. Audacieux coups de langue le long de ses blessures. Mes mains ont laissé son t-shirt, celui-ci à présent monté jusqu’à sous sa poitrine. Elles tiennent ses côtes, à présent. Retrouvent leur place à sa taille.


« Mais tout ce qui compte, c’est que je t’ai retrouvé. »

Et mes yeux n’ont jamais quitté les siens.


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