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 You make me sick [PV Solveig]

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Walter Armstrong
todchai préfet
PROFIL Gémeaux

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Réputation : 18
Date de naissance : 17/06/1990
Nationalité : Écossais et Danois

Aspiration : Exorciste

Fiche : Le grand timide à lunettes

RP en cours : You make me sick

RP Terminés : I've slept so long without you • Instant Zòhra
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Ochi Chyornye - Les yeux noirs




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Age: 22
Niveau: 4e année Maestria
Baguette Magique: 29,5 cm, bois de tilleul argenté, coeur de poussière de fantôme

MessageSujet: You make me sick [PV Solveig]   Ven 25 Juil - 2:17

Au moins il y avait toujours l’alcool.

Ces soirs où Zòhra n’était pas là. Ces soirs où la solitude lui grugeait le cœur à n’en laisser qu’une carcasse. Ces soirs où même l’envie de mourir n’est pas assez assez vigoureuse. Où l’on s’étouffe dans sa propre torpeur, où même notre cœur battant dans notre poitrine est semblable à une torture odieuse et inhumaine. C’était un remède temporaire mais efficace. À prendre par voie orale jusqu’à ce que les symptômes de dépression s’effacent pour laisser place à un sentiment de calme paisible mais toxique. À consommer avec modération. Ou pas. On s’accomode rapidement à cette délicate impression d’avoir les nerfs pris dans le coton, d’avoir un voile brumeux devant les yeux. Et le cœur ralentit, le battement plus doux, moins stable. Et le monde arrête de tourner, un instant. Et c’est chaud, serein. On se retrouve, on se perd, les deux à la fois. Mais on en a rien à foutre. Parce que c’est toujours mieux que de souffrir. Parce qu’on aime mieux éviter ces conneries d’émotions. Alors on se cache derrière une bouteille bien pleine de scotch, en se disant qu’on allait pas sortir du grenier tant qu’on ne l’avait pas terminée.

Il en avait bu la moitié.

Ça faisait tout juste trente minutes qu’il était assis là, au beau milieu de ce désordre impressionnant, les fesses assises sur un immense coffre dont le cadenas magique était aussi gros que la paume de sa main. Il avait ouvert la bouteille dès que ses deux pieds avaient trouvé le sol du grenier et il n’avait pas arrêté, par coups de grandes gorgées. Il ne sentait même plus la brûlure de l’alcool au creux de sa gorge. Ses joues étaient à présent bien engourdies, les pichenettes qu’il posait dessus de temps en temps ne lui faisaient plus rien. Continue comme ça, Armstrong. Ça vaudra toujours mieux que d’aller faire un fou de toi en public. Il aurait du se jeter dans l’océan, ce soir-là, au lieu de tenter de se faire engloutir. Il avait montré sa faiblesse au lieu de la garder pour lui, comme il aurait du le faire. Un soupir sonore franchit les lèvres de l’Écossais alors que sa main libre venait se glisser sous ses lunettes pour lui frotter les yeux. Quelle foutaise. Une autre gorgée de scotch, une. Puis deux. Puis trois. Ça goûte le désespoir.  

C’était ça son calvaire. Son martyr. Il faut gagner son ciel, comme on dit. L’envie de le rejoindre prématurément était particulièrement tentante. Mais tout cela aurait été en vain. Ils auraient gagné. Ils auraient accompli leur sombre mission. Les suicidés ne méritent que l’enfer, peu importe à quel point ils ont souffert. Il ne voulait pas subir leurs griffes pour l’éternité. Il s’était battu contre eux jusqu’à maintenant, il n’allait pas subitement arrêter. Mais ça serait tellement plus facile. De jeter les armes, de baisser la tête, de se rendre. J’en ai assez, c’est bon. Vous pouvez m’avoir. C’est trop dur, c’est trop douloureux. J’en peux plus. Faites ce que vous voulez de moi. Mais il ne pouvait pas. Il voulait leur prouver à eux et à lui-même qu’il était plus fort que cela. Que son corps et son âme pouvaient résister à leurs intentions maléfiques.  Mais quel prix allait-il devoir payer? Allait-il avoir du sang autre que le sien sur les mains? Allait-il faire une victime d’un innocent? C’était bien ça qui l’effrayait le plus. Il s’était habitué à sa propre souffrance. C’est celle qu’il imposait aux autres qui le rendait malade.

Il s’enfila une autre grande gorgée de scotch alors qu’il se levait de sur le grand coffre pour s’approcher d’une des rares petites fenêtres qui éclairaient le grenier. Il s’assied directement sur le sol, le regard perdu dans l’horizon. Le soleil se couchait, bien qu’il était bien caché par les nuages.  La sensation d’engourdi s’étendit dans son visage.

Au moins, il y avait toujours l’alcool.  



It’s like I’m paranoid, looking over my back
It’s like a whirlwind inside of my head
It’s like I can’t stop what I’m hearing within
It’s like the face inside is right
Beneath my skin

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Solveig Grimsonn
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Aspiration : Rassembler les reliques de la mort

Fiche : Seriously, I couldn't care less

RP en cours : You make me sick - Walter
Une question de goût Eleonor
Création de Sortilèges - Les limites Cours de Koko
Et en plus, surprise! Dans ton lit ça bouge - Léona
P'tit Dej' aux allures de 3eme guerre mondiale - Nora



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MessageSujet: Re: You make me sick [PV Solveig]   Mer 3 Sep - 22:32





Elle quitta la nuit froide de tourmente pour venir se réfugier dans les bras chauds de St-Barnaby. Elle ne l'avouerait jamais, mais elle adorait l'école. Peut-être même plus que Poudlard. Elle se sentait ici à sa place, dans cette vieille bâtisse qui battait de l'aîle, mais tenait bon dans la tourmente écossaise. Elle aimait ses murs chambranlants, son odeur musquée de connifères, d'épices et de fumée, sa foule bigarrées et surtout, son grenier, endroit de choix pour observer la voute céleste en tout tranquilité. Ce soir-là dans le bar, Solveig avait sentie se réouvrir en son coeur, le vortex géant qui la dévorait de l'intérieur. Elle se sentait mortifiée et las, épuisée d'avance devant la lutte qu'elle allait devoir fournir dans les jours à venir pour tenter de limiter les dégâts à l'interne. Elle détestait se sentir vulnérable. Elle détestait s'avouer qu'elle n'était pas aussi forte qu'elle se le racontait. Que la grande Grimsonn n'était, au final, pas si terrifiante que ça...

Il lui arrivait plus ou moins fréquement et ce, depuis sa tendre enfance, d'être sujette à des crises d'angoisse chroniques où elle était prise de vertiges à l'idée de sa propre mort, en réfléchissant à la vacuité de l'existence, en ce demandant merde qu'est-ce qu'elle foutait avec sa vie? Depuis toujours, un des meilleurs remède pour l'aider à passer au travers de tels troubles, c'était les étoiles. Cela pouvait paraître un peu simplet de prime abord, mais il n'y avait pas meilleure solution dans son cas. Contempler les astres, la trainée blanchâtre de la voie lactée et l'éclat mystérieux de la lune faisait naître en elle un parfait moment de plénitude qui l'apaisait à tous les coups. Un des rares moment de calme hors du tourbillon éreintant de sa vie. Nul part ailleurs se sentait-elle aussi entière et absolue que l'esprit et les yeux grands ouverts pour contempler l'infini stellaire qui la fascinait. Pas question de s'abrutir dans la drogue et l'acool, c'était plutôt un de ses rares moment de totalement pureté. Un moment pour s'arrêter un instant et remettre les pendules à l'heure, afin de repartir de plus belle. Elle se sentait minuscule face au ciel, mais à la fois immense, à sa place, faisant partie intégrante de ces millions de points qui clignotaient à des années lumières d'elle. Pourquoi se remettre en question quand on avait la chance de contempler quelque chose d'aussi parfait, d'aussi accompli qu'un ciel piqué d'étoile? C'était une sensation puissante qui naissait au creux de son ventre, combattait miraculeusement la noirceure naissante et montait lui serrer la gorge dans un étourdissement grisant et et aussi vertigineux que la meilleure des drogues.

En quittant le Bloody Ghoul un peu plus tôt, elle avait filé à travers les giboulées hivernales et s'était dirigée machinalement vers le grenier, sans même se poser de question. C'est donc l'esprit encore embrumé, mais le pas ferme, qu'elle mis finalement le pied sur l'ultime marche menant à la chaleur et au silence réconfortant de la pièce. Les fenêtres n'étaient peut-être pas aussi grandes et la vue panoramique que celle de l'observatoir, soit, l'endroit était amplement suffisant pour elle. Surtout, plus que la tour d'astronomie où se pressait souvent une foule de curieux ou pire, des couples mièvres et mielleux se bécottant à la belle étoile, le grenier avec son fatras poussiereux et surtout sa douce solitude, était devenue le repère favorit de la danoise. Le Bloody Ghoul était son assomoir où aller dépérir dans les bras amer de ses pires vices, le grenier, c'était son jardin secret où venir se resourcer recoller les morceaux épars de son âme quand choses s'étaient trop déréglées dans son estomac, son coeur et son crâne. Comme ce soir, par exemple.

Sauf que ce soir, il y avait une tempête de neige. Ce soir il n'y avait donc aucune étoile à voir. Et pire que tout, ce soir, il y avait quelqu'un déjà présent dans le grenier. Son grenier.

Pas n'importe qui d'ailleurs. Bien sûr, il fallait que ça tombe sur lui.

Accoudé devant sa fenêtre préférée, bien entendue. Putain de coup du sort. Dans toute autre situation, elle aurait tourné les talons et serait repartie aussitôt. Une toute autre soirée, elle l'aurait invectivé et se serait moqué de lui, cherchant à blesser. Mais pas ce soir. Ce soir, la boule crasseuse couleure suie qui grondait au creux d'elle-même lui tordait le coeur, lui embrouillait la tête. Ce soir, elle était faible. Elle n'était plus toute à fait elle-même. Ce soir, elle était seule. Et puis, elle ne pouvait pas se leurrer. Il n'allait pas bien. Pas bien du tout. Elle le vit tout de suite à la tête qu'il affichait, à la position de son corps étrangement courbé, étrangement tanguant, brouillon, comme en train de se dissoudre en un affreux gribouillis grisâtre et sale. Le voir ainsi, les deux coudes avachis sur le bord de la fenêtre, le regard troublé par la rage et la honte, fit étrangement écho en elle. Pour la première fois depuis bien des années, elle se reconnue en lui.

En silence, elle s'approcha tranquillement de lui. Il ne sembla pas remarquer sa présence tout de suite. Pas étonnant, vu tout l'alcool qu'il avait ingurgité. Arrivée à sa hauteur, elle lança un regard concerné à la bouteille qui semblait la regarder dangeureusement. Pourquoi pas? Elle ne regarderait vraissemblablement pas le ciel ce soir, alors pourquoi se priver? D'un geste souple, elle pris place au côté du garçon à lunettes et lui enleva la bouteille des mains pour en prendre une grande lampée.

«Omsorg for lidt selskab? Eller er din spøgelse tilstrækkelige nok allerede?»*
Elle plongea ses yeux dans ceux de son compère. Si elle était un navire en difficulté dont on aurait tenté maladroitement de boucher les trous, Walter Armstrong, lui, était déjà en train de couler au creux des flots.

*«Intéressé par un peu de compagnie? Ou est-ce que tes fantômes te suffisent?»
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Walter Armstrong
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MessageSujet: Re: You make me sick [PV Solveig]   Ven 5 Sep - 1:14

C’était un cercle vil et vicieux. Torture interminable, imposant ses douleurs chroniques dans le corps et dans l’âme. Comme Sisyphe condamné à pousser éternellement ce rocher damné. Le cycle était toujours le même. Tentative de vie normale, première poussée. Se donner un élan à coup d’alcool et de fausse confiance. Avoir espoir que les choses vont changer, que je vais avoir ma fin heureuse comme dans ces contes de fée. Voir la lumière au bout du tunnel, le phare qui éclaire un océan ravageur, un oasis au beau milieu d’un désert traître et aride.  L’effleurer du bout du pied, du bout des doigts, du bout des lèvres. Puis tomber, basculer, dégringoler, la fierté blessée, le corps meurtri et l’âme en détresse. La face pleine de boue, les ongles pleins de sang, les yeux pleins de haine. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça? Pourquoi moi? Pour épargner quelqu’un d’autre. Aucun fardeau n’est facile à porter. Seulement, j’ai l’impression que le mien est titanesque. Et surtout, qu’il n’y a aucune porte de sortie, aucune solution. Je suis Sisyphe. L’homme qui a déçu, l’homme qui subit, condamné à souffrir jusqu’à ce que mon éternité s’éteigne, qu’on m’offre finalement le repos dont mon corps a faim.

Je passe ma langue contre mes lèvres pour capturer quelques gouttes de scotch qui se sont sauvées, entre le goulot et le gosier. C’est une de ces nuits où je sens que je n’ai plus rien, où je suis à nu, faible, vulnérable et désespéré. Une de ces nuits où j’ai envie de m’étendre à même le sol, fermer les yeux et ne jamais devoir les rouvrir. Rester dans les bras rassurants de mon sommeil, bercé par ce monde onirique qui est tellement plus beau que la réalité. Mais je ne trouve pas le sommeil. Je ne dors que lorsque j’ai suffisamment bu, et ce sommeil n’a jamais été reposant. Un sommeil chaotique et agité tapissé par mon angoisse et mes pires cauchemars. Mes yeux sont creux de cernes et tachés de larmes, mon visage est maigre de ne pas suffisamment manger. Et j’ai l’impression que la lumière que j’ai pu avoir un jour au creux des prunelles a laissé place au scintillement artificiel de l’alcool. Je n’ai pas écrit à mes parents depuis l’incident dans le labyrinthe. Forester m’a assuré qu’ils savaient que j’étais sain et sauf. Ils ne savent pas. Que j’ai presque tué quelqu’un, que j’y ai presque laissé ma peau aussi, que mon corps a été blessé au-delà des limites de l’humain. Et je ne veux pas qu’ils sachent. Je ne veux pas savoir que ma mère s’est écroulée à genoux par ma faute.

J’ai envie de pleurer.

Parce qu’elle est là, parce que je la déteste de tout mon être, parce qu’elle me rend malade et m’enrage plus que n’importe qui d’autre dans cette satanée université. Parce que je n’ai jamais autant voulu frapper quelqu’un qu’elle. Parce qu’elle est méchante, cruelle, impitoyable, inhumaine. Parce qu’elle est le cadeau de mon passé et l’infection de mon présent. Mais surtout parce que je vois quelque chose dans ses yeux que je n’ai pas vu depuis des années. Elle s’inquiète. Elle se fait du souci. Pour moi. Et pour instant, je retrouve cette enfant  que j’ai déjà appelé ma meilleure amie. Mais il fait si noir. Des larmes inondent mon regard alors que, obstinément, je détourne les yeux pour regarder par la fenêtre ternie par le temps. Ça me tord du ventre à la gorge, ça me fait mal. J’arrête de respirer, j’essaie d’étouffer mes sanglots. Je l’écoute, la laisse prendre ma bouteille. Puis le silence, tout juste brisé par ma respiration doucement saccadé par l’effort que je mets à ne pas m’effondrer devant elle. Quelques larmes rasent mes joues; je les essuie, renfrogné.  


« Må ikke ... Nu er der ikke tid til at fortælle mig, hvordan jeg er en fuldstændig katastrofe. * » , lui répondis-je dans notre langue natale, ma voix rendue d’autant plus basse par les sanglots que j’ai à la gorge.

Je tourne la tête vers elle, les sourcils froncés, l’air dur, les lèvres pincées et cette supplication assourdissante au fond des yeux que j’aimerais faire taire; je t’en prie, juste cette fois, ne m’abandonne pas à mon sort.


« Hvad fanden vil du have fra mig, Solveig?** »


Citation :

*Don't... Now isn't the time to tell me how I'm a complete disaster.
** What the fuck do you want from me, Solveig?
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Solveig Grimsonn
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MessageSujet: Re: You make me sick [PV Solveig]   Mer 5 Nov - 13:42

«Hvad fanden vil du have fra mig, Solveig? (What the fuck do you want from me, Solveig)»


Elle ne répondit pas tout de suite, préférant l'étudier du regard en silence. Ses yeux étaient cernés, sont teint blafard, son visage émacié, son corps tremblant. Comme il était vulnérable... Elle aurait pu le briser en deux, lui qui était pourtant si grand, elle qui était pourtant si petite. Derrière ses lunettes, Walter avait le regard fuyant et embué. C'était étrange, se dit-elle, que quelqu'un puisse éveiller en elle une telle dualité  d'émotions. Une partie de son être voulait le prendre par les épaules, le secouer violement, jusqu'à ce que ses dents s'entrechoquent, que ses os se cassent, qu'il s'écroule en morceaux. Lui infliger n'importe quelle douleur physique assez forte pour qu'il se réveille et sorte de cette morne léthargie où il se vautrait. Qu'à son tour, il l'invective, la blesse et la frappe en retour. Qu'ils se querellent et se battent comme à leur habitude, qu'ils se déchirent et se tordent, se mordent et se lacèrent. Qu'ils se détruisent. Comme à leur habitude, comme si de rien n'était.


Mais un autre sentiment faisait également écho en elle. Une voix qu'elle entendait rarement, plus douce, plus tendre. Cette voix qui ne lui ressemblait pas lui sussurait à l'oreille d'essuyer le visage de Walter d'une caresse, de lui flatter doucement les cheveux, de le prendre dans ses bras et lui murmurer continuellement que tout irait bien jusqu'à ce qu'il s'endorme. Que la situation n'était pas comme à l'habitude, mais qu'ensemble ils s'en sortitraient.


Qu'est-ce qu'elle voulait au juste? Elle ne pu répondre à la question de Walter. Elle ne savait pas.


«Savais-tu qu'Armstrong... À l'infirmerie... Lui et la russe... Du sang partout, je les ai vu!...»


Oh bien sur, elle avait entendue des rumeurs à son sujet. Toutes sortes de rumeurs plus horribles les unes que les autres. On ne savait pas précisément ce qui s'était passé, mais des échos sanglants résonnaient entre les murs de l'école. Pour une des rares fois dans sa vie, elle avait tenté de se tenir éloignée le plus possible de ses rumeurs. Elle, Solveig Grimsonn, la langue sale, la potineuse, la vipère, elle avait fuie ces ouïes-dire, dénigré volontairement leur éventuel potentiel, s'était bouché les oreilles et avait détourner le regard. Non, elle ne voulait pas savoir. Elle ne voulait pas être mêlé à ça. Elle ne voulait plus être mêlé à ça. Parce qu'en quelque part, ça lui faisait mal à elle aussi.

Elle avait tenté, une fois, de faire face Walter et ses embrouilles, mais elle y avait plongé tête baissé et s'était écrasée lamentablement. Elle avait tout perdu. Son innocence, ses espors, son ami. Il l'avait abandonné lâchement alors qu'elle avait eut tant besoin de lui. Ce qu'elle avait ressenti, cette fois-là, était horrible et innomable. Depuis, elle s'était tenue loin d'Armstrong et de ses histoires, les fuyant comme de la peste. Elle ne voulait pas savoir, ne voulait pas l'aider. Parce qu'il était égoiste, parce qu'il l'avait trahit, parce qu'il était dangeureux et finissait invariablement pas blesser quiconque s'approchait trop près, d'une manière ou d'une autre... Parce qu'elle ne pourrait jamais lui pardonner.


C'est du moins ce qu'elle s'était répété constament pendant les longues années où elle s'était évertué à ne plus être l'amie de Walter Armstrong. Elle et lui, ça remontait à loin et leur histoire était enracinée au plus profond de son coeur. «Madame Armstrong a envoyé un hibou, pourquoi est-ce que tu ne parles plus à Walter, Solveig? Qu'est-ce que tu as encore fait?». Elle pouvait encore entendre les réprimandes de sa mère faire vibrer ses tympans et avait vu le repproche dans son regard.  Comme ci tout ça était de sa faute. Elle avait toujours été celle sur qui on jetait le blâme, mais elle avait encaisser sans broncher, s'était construit des barrières infranchissables... Il avait été son compagnon, son confident, son meilleur ami et Merlin savait à quel point leur cheminement avait été intrinsèquement lié. Il était tout le temps dans ses pattes et l'était resté, même une fois qu'il eut trahis sa confiance. Au début, ça avait été difficile de le fuir. L'envie de courir se réfugier dans ses bras, de retrouver leur fous rires et leurs jeux de jadis était tellement forte que la seule manière qu'elle avait trouver de de pas y céder, avait été de repousser Walter. À coups de mots blessants et d'insultes. Elle avait toujours été douée pour ça de toute façon. Puis c'était tellement facile d'abusé de la douceur du garçon. C'était tellement facile, être méchante qu'avec le temps c'était devenu routinier et l'amitier qu'elle avait accordé à Armstrong s'était vu enfouie sous une montagnes de crasses... Ces souvenirs heureux qui venaient parfois s'accrocher aux abords de sa mémoire semblaient venir d'une autre vie, une vie où ils étaient tout deux différents: innocents, purs, mais qui étaient révolue. Elle ne voulait pas penser à ça, à ce passé enterrer au plus creux et au plus noir de son âme. Dans les méandres enfouis et tordus de sa mémoirs, embarré à double tour. C'était trop dangeureux, surtout quand elle se sentait fragile comme ce soir.

Alors... que voulait-elle? Elle pesa le pour et le contre. Elle sentait bien que sa réponse pouvait tout changer. Dans le silence qui s'éternisait lourd et opaque comme l'air stagnant du grenier, elle bu une autre gorgée de whisky et la brulure de l'alcool le long de sa gorge la tira de ses angoisses.


«Walter, se på mig. (Walter, look at me.) »


Son ton était dur et tranchant. Son visage l'était tout autant. Elle attendit qu'il fixe sur elle un regard embrumé d'alcool et de larmes retenues.


« Få dig sammen, du ligner en fuckin rod... (Get yourself together, you look like a fucking mess...)»


Elle lui en voulait encore. Elle lui en voudrait toujours. Mais ce soir, il avait besoin d'aide et elle ne pouvait rester impassible.


«... Og jeg hader at se dig sådan (...And I hate seing you like that)».


Elle espérait qu'il ne la repousserait pas, car elle était prête à replonger dans la tempête Walter.


Bloup:
 


Dernière édition par Solveig Grimsonn le Jeu 6 Nov - 9:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You make me sick [PV Solveig]   Mer 5 Nov - 18:38

On me déchire une fois de plus. On m’égorge, on m’éventre, on m’arrache le cœur. On me force à en être témoin alors que j’ai de moins en moins de contrôle sur mon sort. Je subis. Impuissant, incertain, blessé et malmené par mon destin. Je ne sais plus quoi faire. Ni de ma malédiction, ni de mes péchés, ni de celle qui se tient devant moi. Je suis à bout de force. Épuisé de me battre pour une vie qui n’en vaut peut-être pas la peine. Une nausée violente me prend au ventre lorsque je repense à cet instant où j’ai ouvert les yeux sur les dommages que mon corps s’était imposé. Où j’ai pris entière conscience, en revenant à moi, que j’ai failli violer et tuer la femme que j’aime. Je n’ai jamais autant voulu mourir. Cette pulsion macabre ne m’a pas quitté depuis ce soir-là mais elle s’est peut-être un peu apaisée. J’aurais voulu qu’il m’achève. Ç’aurait été moins douloureux. Ou que monsieur Forester fasse preuve d’un peu de pitié. Qu’il  me casse le cou comme on casse celui d’un animal. Efficace. Pour s’en débarrasser. Qu’on me borde de terre et de fraîcheur, six pieds sous terre, apaisé, inoffensif. Qu’on me pleure quelques mois avant de m’oublier. Que le temps passe, que ma pierre s’effrite et s’effondre. Qu’on me laisse à moi-même dans le silence mélodieux de l’éternel.

On me déchire une fois de plus. Elle avec ses mots, ses airs de peste, sa langue qui, à cet instant même me rassure autant qu’elle me brûle les tympans. Elle qui comprend sans rien savoir, elle qui me connaît peut-être plus que n’importe qui d’autre mais qui fait exprès de tout balayer du revers de la main. Elle que j’aime comme une sœur, que je déteste comme une traîtresse. Elle qui a toujours été là même lorsqu’elle ne l’était pas. Elle avec qui j’ai joué de longues heures à faire semblant, avec qui  je me suis engueulé jusqu’à ne plus m’entendre. Il fallait que ce soit elle qui me trouve dans cet état pathétique et tout à fait lamentable. Ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre. Les autres, je les aurais sans doute chassés de toute façon. Je ne sais pas pourquoi je l’ai laissé entrer. Elle s’est infiltrée, rampante et subtile. Et maintenant il est trop tard. Elle est assise. Elle a bu. Et je ne veux plus qu’elle parte, de toute façon.

Elle veut que je la regarde. Moi qui m’étais obstiné à fixer la fenêtre pour éviter ce moment qui devenait inévitable. Son ton n’invite pas à la discussion. Je ne réponds pas tout de suite. Ma mâchoire se serre de malaise, mes yeux se baissent et l’une de mes mains, posée sur mon genou, s’étire jusqu’à la bouteille de whisky pour l’enlever des celles de la Danoise. Ce n’est que lorsque mes lèvres touchent au goulot que le gris azuré de mes iris vient trouver les siens. Je la défie presque du regard alors que deux grandes gorgées du liquide ambré me démolissent le gosier. Je pose la bouteille sur le sol à mes côtés, un peu maladroitement. Et maintenant que c’est fait, je ne peux plus regarder ailleurs. Je rêve du jour où je n’aurais plus besoin d’elle. Même si je sais qu’elle fera toujours partie de moi. Contre ou avec ma volonté, ça ne dépend pas de moi. Sa trace est trop profonde, elle m’a laissé des cicatrices indélébiles.  

Ses mots étaient infiniment lourds, pesants. Son talon s’était enfoncé dans mon ventre avant de remonter le long de mon œsophage, jusqu’à s’abîmer dans mon cœur. Comme si je venais de tout comprendre. Son inquiétude et son mépris me sautaient aux yeux. Son dégoût me crachait au visage, son souci m’embrassait le front. Je n’ai pas réussi à ravaler ce sanglot qui quitte maladroitement ma gorge alors que d’une main j’enlève mes lunettes et les dépose plus loin pour me frotter les yeux. Ou peut-être que je les cache, peut-être que j’empêche les larmes de couler. Sa présence s’accroche et se débat contre les murs que je m’étais minutieusement bâtis. Je me sens qui tremble sous le poids de cette boule de douleur qui va me défoncer le torse. Mais je ne peux pas m’empêcher de la regarder une autre fois.  La fois de trop. Je sens mon visage qui se tord, mes yeux qui se noient, mon corps en entier qui tressaille. Je ne respire plus. La panique, le désespoir, la perte de contrôle.  


« Fuck dig, Solveig. Fuck dig og dine ord. » (Fuck you, Solveig. Fuck you and your words.)

Il n’y a plus de silence. Que mes sanglots affolés et craintifs qui viennent se perdre contre les cuisses de la Todhchai alors que ma tête est venue s’y nichée. Je me suis couché sur mon flanc. Un bras accroché derrière hanches de la Danoise, l’autre à ses genoux. J’ai six ans et je viens de faire un cauchemar. J’en ai vingt-deux et la hantise est devenue réalité.

I’ve become so numb
I can’t feel you there
Become so tired
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MessageSujet: Re: You make me sick [PV Solveig]   Sam 17 Jan - 23:30

En sentant le visage brulant de larmes du garçon venir se poser sur ses genoux elle se raidit et le regarde un instant, tremblante, interdite. L'espace d'un battement de coeur, elle a envie de revenir sur sa décision, d'être lâche, de prendre les jambes à son cou et de laisser Walter seul avec son malheur. À vrai dire, elle est décontenancée par ce contacte physique intense et par le laisser-allé dont faire preuve le garçon.  Elle n'ose pas agir, elle ne sait même pas quoi faire.  Elle ressent avec une acuïté presque douloureuse chaque partie de son corps touchant celle du garçon. Solveig Grimsonn est rarement de celle qui éponge les larmes, plutôt de celles qui les fait naîtres. Quoi faire? Elle tapote maladroitement l'épaule de Walter, mal à l'aise. Le moment se crystalise. Le temps est suspendu par un malaise dense et palpable qui emplit la scène. Ce n'est pas à cela qu'elle s'attendait. Ce n'est certainement pas non plus ce que Walter attend d'elle en guise de réconfort. Le silence s'éternise seulement rythmée par le carillonement des sanglots du garçon. L'humidité de ses pleurs se fait torrent, la chaleur de son contacte devient brûlure. Solveig a trop conscience d'elle-même et de la situation pour dispenser une consolation adéquate.


« Fuck dig, Solveig. Fuck dig og dine ord. » (Fuck you, Solveig. Fuck you and your words.)


Les paroles de Walter font vibrer l'air du grenier d'un écho douloureux et tirent Solveig de sa torpeur. Elle sent son coeur sauter un batement, elle se réveille soudain. Le garçon parle finalement son langage. Face aux insultes et aux provocations, elle sait comment agir, même tendrement. Ses doigts s'enfoncent dans la tignasse brune du garçon dans un geste souple et, pleine d'une assurance naissante, elle tente d'apraiser les sanglots pesants du garçont avec des caresses maternelles. Pourtant, quand elle prend la parole ensuite, son ton est dure et sans équivoque.

« Ingen Walter . Fuck DIG . Stop handler som du er så fuckin elendigt, for helvede!»  (No Walter. Fuck YOU. Stop acting like you're so fuckin miserable, god dammit!)

Le malaise qui emplissait l'air quelques instant plus tôt s'est envolé. Le coeur de la Todchai semble vouloir éclater, elle irait tuer sur le champ quiconque veut du mal à son Walter. Le temps reprend son cours à toute allure et elle agit sans s'en rendre compte. Tout d'un coup, c'est comme si elle savait exactement quoi dire et quoi faire.  Elle pose des gestes un peu raides, mais qui lui sembles naturels. Son corps bouillonne et menace d'exploser, sa poitrine semble déborder d'amour vengeur. Un sourire carnissier nait sur son visage. Elle ne sait si elle se sent triste pour son ami ou reconnaissante que grâce à lui et à son malheure, elle se permette enfin de ressentir une gamme d'émotions nouvelles et puissantes. Elle a envie de rire et de pleurer à la fois. Surtout, elle a envie de crier, de déverser hors d'elle les émotions trop puissantes qui l'habitent.

«Se , jeg har ikke brug for at kende alle detaljer om , hvad der sker. Eller der sker , jeg ved det ikke . Men du kan ikke bo på denne måde Walter , er du nødt til at gøre noget !»   (Look, I don't need to know all the details about what happen. Or is happening, i don't know. But you can not stay like this Walter, you need to do something! )


Pour une des rares fois de sa vie, Solveig fait une pause dans son discours afin de réfléchir à comment formuler ses pensées pour ne pas froisser le garçon. Elle soupèse quelques formulations mentalement. Des paroles d'encouragement, des paroles apaisantes, mais les rejete toutes unes à unes. Comparées à la force des émotions qui habitaient la jeunes filles, les pensées douces lui semblent mielleuses et vides.

«Jeg kunne fortælle dig en tusind af søde dumme små ting , Walter . Jeg kunne fortælle dig, at du vil være fint , at alt kommer til at være i orden . Ligesom jeg sayd , jeg ved ikke rigtig, hvad der ske , men jeg ved, det lort er alt for vanvittigt . Og det kommer ikke til at være i orden . Ikke hvis du blot bo her drikker dine problemer væk eller stønnen alle af dig selv om, hvordan liv har været en pik med dig . Det vil bare ikke fuckin hjælp, ikke engang en smule.» (I could tell you thousands of sweet silly little things, Walter. I could tell you that you'll be fine, that everything is going to be all right. Like I said, i don't really know what happen, but I know this shit is way too crazy. And it is NOT going to be all right. Not if you just stay here  drinking your problems away or moaning all by yourself on how's life has been a dick with you. It just won't fuckin help, not even a bit.)

Ses points se serrent, ses joues se teintent de rose. Elle se laisse emporter par ses paroles, par ses émotions, par sa grandeur d'âme nouvellement acquise. Elle brûle de savoir ce qu'il s'est passé, ce soir-là dans le Labyrinthe, mais elle ne veut pas qu'il se rétracte. Elle préfère le provoquer d'une autre façon. Elle veut revoir le Walter qui l'insultait un moment plus tôt. Réveiller la rage qui sommeille en lui pour lui donner envie de se battre. Elle déteste le voir triste, mais elle déteste encore plus le voir se vautrer dans son malheur, mou et malléable, velléitaire, comme une poupée de chiffon.

«Du er nødt til at kæmpe tilbage , hvad der foregår, for fanden skyld Walter . Og jeg ... jeg ... Nå, lad bare sige, at du kan regne med mig, hvis du har brug for hjælp . Af nogen art. Eller hvad nogensinde ...»(You need to fight back whatever's going on, for fuck's sake Walter. And I... I... Well, let just say that you can count on me if you need any help. Of any kind. Or what ever...)


Ces derniers mots quoique sincères lui brûlent la gorge et elle les craches péniblement.  Elle est surprise de sentir un violent frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. Elle frémis d'excitation à l'idée de pouvoir aider Walter. Elle frémis aussi à l'idée qu'il la rejette à nouveau. Elle frémis surtout parce qu'elle a peur d'elle-même, peur de retomber trop facilement dans les bras de cet ami qui lui a fait tellement de mal jadis.

Spoiler:
 


Dernière édition par Solveig Grimsonn le Dim 18 Jan - 10:43, édité 2 fois
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Walter Armstrong
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MessageSujet: Re: You make me sick [PV Solveig]   Dim 18 Jan - 3:24

J’étais sur le point de rendre les armes.

De capituler, de courber l’échine, de m’agenouiller. J’étais sur le point de glisser moi-même mon coup sous le bois de la guillotine, d’appuyer sur la détente, de faire verser le tabouret. J’étais sur le point d’abandonner, alors que mes sanglots et mes larmes inondaient la pièce, brûlant la cuisse de cette fille que j’adore autant que je déteste. J’étais sur le point de me rendre, poignets tendus, offerts. Gorge dégagée, yeux clos, cœur à découvert. J’étais sur le point de plonger. Laisser l’eau m’emplir les poumons, une bulle à la gorge. Me laisser choir sur le tapis rocailleux, une algue qui me caresse le creux de la main. Permettre au courant de me bercer une dernière fois avant que le noir me tapisse les yeux. J’étais sur le point d’expirer. Sans jamais vouloir reprendre mon souffle. J’étais un animal qui a trop vite appris à se résigner. J’avais arrêté de me battre. J’avais oublié ma valeur, l’avait enterrée sous le whiskey. Je m’étais laissé pour mort. Parce que même si je n’y étais pas encore tout à fait, je n’en valais pas mieux. Je m’étais soumis à mon sort. Épuisé. Lâche. M’étais couché sur mon flanc, attendant tout simplement que la vie m’achève.

Vraiment, j’étais pitoyable et dégoûtant.

On m’ouvrait les yeux à grands coups de pied dans le ventre.

On me griffait, me mordait, me déchiquetait. On me hachait, me dévorait, me broyait. On me détruisait une énième fois. Mais cette fois, c’était différent. Au fur et à mesure que les mots secs et sincères de Grimsonn se déversaient sur moi, au fur et à mesure qu’elle m’ensevelissait de haine et de tendresse, je me sentais protester. Parce que c’était elle. Parce qu’elle n’avait pas le droit de me tomber dessus comme ça, parce qu’elle n’avait pas le privilège de me parler de cette manière. Parce qu’en fait, peut-être qu’elle seule aurait osé. Parce que ça m’énerve. Parce qu’elle me rend dingue d’une colère que j’ai oubliée.  Parce que je déteste qu’elle aille raison. Parce que par moments, elle me connait mieux que moi-même. Parce qu’au fond, nous avons encore sept ans. Nous nous tenons toujours par la main. Comme mes doigts se serrent, tant d’indignation que d’affection, contre sa cuisse.


« Stop! », que je m’entends rugir de révolte.

Je ne sanglote plus.

Mon ventre et mes poumons se sont calmés, ma gorge s’est apaisée et, peu à peu, le voile que j’avais devant les yeux se lève, comme les larmes disparaissent de mes yeux. L’une d’elle s’égare sur ma joue, une dernière fois, alors que je retrouve mon souffle. Quelques halètements viennent se perdre contre le pantalon de Solveig puis, lentement, mes bras retrouvent de leur force. Mes paumes se fixent dans le sol et je me redresse pour retrouver ma position assise. La main de la Todhchai glisse d’elle-même de ma tête à mon cou, versant contre mon épaule et se retrouvant contre la mienne. Je la regarde. La tension est tangible. Et plus que jamais, on se déteste. Mon regard aussi sévère que le sien. Mais elle me manque, autant que je lui manque. On s’entredéchire d’un coup d’œil. On pleure le passé, on crache dessus, alors que mes longs doigts s’étirent lentement pour enlacer les siens. Quelques minutes passent avant que ma voix ne fende l’air pesant du grenier, rauque d’alcool et d’avoir trop pleuré.


« Jeg prøvede at lade mig dø. Og jeg fejlede. »(I tried letting myself die. But I failed.)

Ma main libre vient s’agripper à la bouteille de whisky. Je laisse l’alcool laver l’arrière-goût amer qui me restait à la gorge.

« Alt, hvad jeg har tilbage er at leve. Og kæmpe. Ligesom jeg har aldrig kæmpet før. » (All I have left is to live. And fight. Like I've never fought before.)

Le silence s’installe. S’étends. Perdure. Cinq minutes, dix minutes. Et avec chaque seconde qui passe, ce feu dans mon torse grandit. Cette indignation violente, ce désir de combattre, de refuser le doute. Cette envie de m’y lancer aveuglement, parce qu’il ne me reste rien d’autre. Et je me répète que ce n’est pas pour rien qu’on m’a mis sur cette terre. Qu’il y en a d’autres comme moi qui eux n’hésiteraient pas à se passer la corde au cou. Que j’ai tant à perdre, et tant à gagner.

Puis c’est au tour de ma main de lui effleurer la nuque, de la caresser les cheveux du bout des doigts. L’air impassible. Porté autant par l’alcool que par le souvenir enfantin d’une amitié qui, malgré tout, semble avoir gardé de sa pureté. Petits éclats de cristal.


« Du reddede mig.» (You saved me.)

Et comme l’aveu coule de mes lèvres, l’ombre d’un sourire, infiniment triste et doux, vient les étreindre.

« Jeg er ked af. For alt. » (I’m sorry. For everything.)



This truth drives me
Into madness
I know I can stop the pain
If I will it all away
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You make me sick [PV Solveig]

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